Valls, à gauche ?
En 2007, puis 2008 lors du Congrès de Reims, Manuel Valls soutenait Ségolène Royal. A l'époque, il voulait secouer les lignes, se placer pour l'avenir, bousculer les vieilles baronnies.
En 2010 puis 2011, il est parti tout seul, sabre au clair, primaire en tête. Comme peu de monde s'en préoccupe, Manuel Valls éprouve le besoin, régulier, de sortir des conneries.
Ainsi, ce mercredi, il en sortit deux belles, deux bien grosses, lui qui voulait bien faire et sortir de cette fumeuse affaire DSK.
Pour l'Express, comme nombre d'autres médias, Valls est donc un "candidat réaliste". Il voudrait incarner une "révolution douce et généreuse". Révolution ... ou contre-révolution ?
La révolution "douce et généreuse" version Valls, refuse "300 000 emplois jeunes" et le "retour à la retraite à 60 ans".(Il n'y aura pas de retour à la retraite à 60 ans. [Dire que c'est possible], c'est mentir aux Français)
Valls préfère l'image à la réalité, la posture d'un "homme de gauche calé à droite" plus que tout autre chose. C'est bien agaçant. Est-ce par paresse que le maire d'Evry caricature ainsi le projet socialiste (contestable sur d'autres points mais pas ceux-ci) ? Parlons de la retraite à 60 ans. Personne, au PS, n'a réclamé de retraite mécanique et automatique dès 60 ans. Les socialistes ont même admis l'allongement de la durée de cotisation - mesure Fillon de 2003 - à fur et à mesure de l'allongement de la vie. Ils militent, très simplement, et comme d'autres à gauche, que l'allongement de la durée de cotisation est déjà bien suffisant.
Valls, ce mercredi, préférait caricaturer la proposition de son propre parti ! "Le rôle de la gauche n'est pas de refuser l'augmentation des annuités, mais de la rendre possible, acceptable et équitable, alors que l'espérance de vie augmente".
La démondialisation prônée par Montebourg serait un "un concept totalement réactionnaire"."Loin de la logique de la peur, qui se nourrit de l'ignorance, les Français doivent rentrer dans la logique de la mondialisation sans appréhension, avec engouement".
Des mots vides de sens, creux comme le vent. L'engouement pour la mondialisation ?
Sans rire ?
Pauvre Valls.