Une France qui se paie de maux

Publié le par DA Estérel 83

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Tout bouillonne mais quelque chose va-t-il changer ?

Quoi qu'on pense des propos orléanais du président de la République, il est clair que son intervention à ce niveau ne relève pas de ce que les citoyens attendent de leur chef de l'Etat qui à force de s'engager dans des controverses dramatiques mais particulières va se voir dénié tout souci de l'intérêt général. Il est évident que l'intense polémique de ces derniers jours va altérer l'image de la France. Un président en combat avec l'un des corps qui structurent et garantissent  l'Etat de droit et la démocratie, ce n'est pas courant ! Ce serait risible si ce n'était pas dévastateur. La France a-t-elle besoin de ce mal ?

Que dire aussi de l'interminable et choquante palinodie, du feuilleton pitoyable et honteux qui chaque jour davantage justifieraient une démission de Michèle Alliot-Marie et de son compagnon pourtant toujours soutenus par le président et son Premier ministre ? La République n'est pas seulement mise à mal avec ces équipées tunisiennes, on la met carrément entre parenthèses !

Egrenons.

Aller passer les vacances en Tunisie, du 26 décembre au 1er janvier, quand on est ministre des Affaires étrangères et qu'on représente la France partout où l'on se trouve, signe un défaut d'intelligence, un manque total de discernement, de la "bêtise" comme l'a déclaré Daniel Cohn-Bendit qui n'est pas tenu à mes précautions de langage. En elle-même, une telle démarche, si aberrante qu'elle offense même le simple bon sens, aurait dû entraîner dans l'urgence le départ de MAM.

Elle aurait rencontré de manière inopinée son AMI tunisien Aziz Miled. Mensonge.

Elle aurait séjourné avec son compagnon et sa famille dans un hôtel de luxe à Tabarka appartenant à ce même Miled. Elle aurait réglé les frais mais ne se souvient pas au nom de qui la facture aurait été établie. Etrange.

Aziz Miled aurait été une victime du régime de Ben Ali. Tout laisse penser le contraire (Mediapart) et le nouveau pouvoir tunisien enquête sur lui. Mensonge.

Elle aurait effectué une visite touristique avec des amis à la fin de l'année 2010, sans préciser davantage.  Mensonge grave par omission. Elle a survolé, et ses proches avec elle, des villes en colère dans le même Jet privé l'ayant déjà transportée à Tabarka. Elle s'est rendue à Tozeur avec, toujours, Aziz Miled.

MAM et son compagnon donnent des dates différentes pour la tentative d'immolation par le feu du jeune homme le 17 décembre. Elle évoque la fin du séjour et lui, le début. Inquiétant pour un ministre des Affaires étrangères.

On découvrira peut-être d'autres "curiosités". Les déclarations de MAM scandées par un "je ne démissionnerai pas", comme si c'était à elle de décider puisqu'elle n'a pas eu la décence de quitter son poste spontanément, sont en elles-mêmes pathétiques en "singeant" la résolution devant une épreuve que précisément on ne lui fait pas subir (Rue 89) !  Elle qui a le front de donner des leçons de gaullisme notamment à Dominique de Villepin qui, après avoir été trop indulgent avec elle, a  dénoncé avec retard le "deux poids deux mesures" que le 3 février déjà j'avais incriminé ! Ce n'est pas le judiciaire qui est intouchable mais le politique.

Il n'est  même pas nécessaire, pour accabler encore davantage le ministre, de relier ces survols tunisiens et cette complaisance de l'ami Miled à sa déclaration proposant le savoir-réprimer de nos policiers à Ben Ali.

Continuons d'égrener.

Je ne le referai plus. J'ai été naïve. Je n'ai rien vu et tout était à peu près calme. Je passerai mes vacances en Dordogne. Je m'excuse auprès de ceux qui ont été choqués. Je ne suis pas ministre quand je suis en vacances. Je n'emprunterai plus jamais de Jets privés. J'ai le droit d'avoir des amis (le Parisien).

Ces repentances et explications puériles, celles d'une élève prise en faute mais non punie - elle est tout de même revenue sur son affirmation d'un statut de ministre par intermittences, ce qui montre que Jean-Marc Ayrault ne profère pas que des insultes - rendent comique une attitude qui, profondément, blesse le Pouvoir qui n'est pas rancunier-, la démocratie, l'équité et l'allure. L'incompétence est un titre de médiocrité. Son maintien est une honte, pas seulement par contraste avec la présomption de culpabilité qu'on a fait peser de manière précipitée et provocatrice sur la magistrature, qu'elle ait été visée totalement ou partiellement par un président ayant allégué en plus l'existence d'"un présumé coupable". Défi supplémentaire ou ignorance ? Aucune option n'est rassurante (nouvelobs.com, JDD.fr, le Figaro, le Monde).

La magistrature est un grand métier qui a tous les droits pour s'exprimer dès lors qu'il s'agit de morale publique et de devoir républicain. J'ai toujours pensé que l'exercice juste, intelligent, sensible de nos responsabilités capitales ne nous rendait non seulement pas étranger à la chose politique, qui n'est pas culte du partisan, mais naturellement familier avec le domaine de l'Etat, de son éthique et de sa capacité de rassembler autour de valeurs admises par tous.

La France se paie de maux. En a-t-elle le droit, en a-t-elle le temps ?

 

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Publié dans Justice

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L
<br /> Heureusement "quelque chose s'est levé que rien n'arrêtera désormais" !<br /> <br /> <br />
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