Un soutien de Le Pen se vante de discuter avec le «monsieur opinion» de l'UMP

Publié le par DA Estérel 83

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«Je l'ai vu en décembre. On s'appelle régulièrement, on prend des verres ensemble car on tend vers le même but». De qui le souverainiste Paul-Marie Coûteaux, soutien de Marine Le Pen pour 2012, parle-t-il? De Guillaume Peltier, le «Monsieur Opinion» de l'UMP et ancien bras droit de Philippe de Villiers. A 35 ans, recruté par Brice Hortefeux et Patrick Buisson (ancien de Minute et conseiller officieux de Nicolas Sarkozy), Peltier écume les médias depuis l'été dernier. Membre de la «cellule riposte» de l'UMP, candidat aux législatives à Tours en juin 2012 (lire notre article), il est présenté comme l'un des maillons clé du dispositif présidentiel (lire notre portrait).

Coûteaux et Peltier ont mené ensemble la campagne de Philippe de Villiers en 2007 (le premier était conseiller politique, le second directeur de campagne et porte-parole). Aujourd'hui brouillé avec le président du MPF, Paul-Marie Coûteaux a lancé, en vue des législatives, le SIEL (Souveraineté, indépendance et libertés), un parti associé au Front national, et travaille par ailleurs à la création d'une«opposition nationale», dont la source ne peut être, selon lui, uniquement le FN.

Il affirme à Mediapart «travailler à la recomposition de la droite» avec Guillaume Peltier. «Nous sommes sur cette passerelle (FN-UMP), lui d'un côté, moi de l'autre. Nous savons tous les deux que cette recomposition dépend de l'échec - assez probable - de Nicolas Sarkozy. S'il est battu, il y aura une recomposition à droite». Pour le souverainiste, il s'agirait non pas d'«une alliance avec le FN» mais plutôt d'«une recomposition, avec une partie de l'UMP et du FN»

G. Peltier, lors de ses 18 mois passés au FN.G. Peltier, lors de ses 18 mois passés au FN.© DR

 

Selon le souverainiste, Guillaume Peltier ferait, comme lui,«le distinguo entre le FN et le soutien à Marine Le Pen»:«Il n'est pas allergique à Marine Le Pen», affirme-t-il.«Nous sommes d'accord sur bien des points, dit-il, rappelant la Charte de la Droite Populaire, rédigée par Peltier, «où la différence (avec les thèses du FN Ndlr) n'est pas grande».«Mais lui ne vous le dira pas, il est candidat (UMP) en juin!», ironise-t-il. Contacté, Guillaume Peltier n'a pas répondu à nos sollicitations (lire notre «Boîte noire»).

Paul-Marie Coûteaux dit avoir «toujours eu de bons rapports avec lui» et lui vouer «une grande admiration».«C'est un type spécialement efficace. Il a repris le secrétariat général du MPF a un moment où il était au point mort, il a mené brillamment la campagne pour le "non" au référendum sur le traité européen, c'est d'ailleurs lors de l'un de ces discours, en 2005, que la chrysalide a éclos», raconte-t-il.

A l'origine de «l'extrême droitisation» de De Villiers
G. Peltier en 2005.G. Peltier en 2005.© Kenji-Baptiste Oikawa.

 

«J'ai rencontré Peltier en 2003, à Bruxelles, il était au côté de Philippe de Villiers, il m'a tapé dans l'oeil. Nous nous sommes très bien entendu, se rappelle-t-il, reconnaissant tout de même un «contentieux» en 2008 «car il voulait être tête de liste à ma place en Ile-de-France, aux européennes de 2009». Leur dispute mutuelle avec De Villiers, la même année, les rapproche pourtant. «Lorsqu'il a quitté le MPF, il m'a dit: "On va à l'UMP créer une aile droite". Je lui ai répondu: "C'est ce qui est le plus intelligent pour vous, pas pour moi, faites-le!"».

Guillaume Peltier n'est pas étranger à l'extrême droite. Il a passé un an et demi au FNJ (1996-98), trois ans au MNR de Bruno Mégret (1998-2001), sept ans au Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers (2001-2008). «Sa stratégie, c'était de penser que le FN allait disparaître et qu'il fallait prendre sa place. Il a toujours voulu créer un parti de droite dure», rapporte à Mediapart un ancien collaborateur du MPF, qui l'a côtoyé au quotidien pendant plusieurs années.

C'est lui qui est à l'origine de la droitisation de De Villiers à partir de 2005 pour concurrencer Le Pen: sa focalisation sur«l'islamisation de la France», les minarets, la polygamie, la burqa, sa défense de la suppression des allocations aux sans-papiers, sa bataille contre l'abolition de la peine de mort, le mariage homosexuel ou encore l'entrée de la Turquie dans l'Europe.

Il considérait alors Nicolas Sarkozy comme une «imposture»qui n'incarnait pas «la vraie droite» et se disait«profondément déçu»«Il s'est trop souvent soumis au politiquement correct de la gauche: il a aboli la double peine, il est pour le mariage homosexuel et le droit de vote des étrangers» (lire son entretien dans Le Figaro).

«Cette extrême droitisation en a fâché plus d'un au MPF», se souvient ce collaborateur. A l'UMP depuis 2009, le spécialiste opinion n'a pas abandonné ses marottes. C'est lui qui est à l'origine de la Droite Propulaire, lui qui conseille des ministres comme Laurent Wauquiez et Thierry Mariani avec des formules calquées sur celles de Marine Le Pen. 

Guillaume Peltier évoque le FN comme «une erreur de jeunesse» et se défend de courrir après les électeurs de Marine Le Pen. Avec la même formule toute faite depuis des années, calquée sur celle de Patrick Buisson: «Notre seul électorat, notre seul espace politique c'est la France. Il n'ya que le microcosme parisien à penser que Villiers est placé entre Le Pen et Sarkozy», dit-il en 2007«C'est un prisme très parisien de dire qu'une élection présidentielle se joue à droite, très à droite, au centre, à gauche, elle se joue au peuple», répète-t-il aujourd'hui (exemple le 30 novembre sur BFM-TV - vidéo ci-contre). 

Paul-Marie Coûteaux n'est pas dupe de l'«ambition»dévorante de l'ancien bras droit de De Villiers («il ira très très loin, car il le veut, il le peut»). Mais il voit en lui un allié puissant dans sa stratégie de recomposition de la droite souverainiste. D'autant plus au moment où les négociations entre le président du SIEL et le FN pour les investitures aux législatives sont délicates.

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Vous avez certainement remarqué ce jeune homme face à Najat Vallaud-Belkacem dimanche 8 janvier 2012 au journal de 13h00 de France 2.

S.P

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Publié dans UMP

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