Un équipage à hue et à dia

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Ce n'est peut-être pas encore le «Radeau de la Méduse» que décrivait avec gourmandise hier matin Marine Le Pen sur RTL, mais ça tangue sévère sur l'embarcation UMP. Ce n'est pas encore «panique sur la passerelle» selon la formule de Le Pen père, mais depuis la tempête essuyée dimanche par la droite et la percée spectaculaire du Front national, l'équipage gouvernemental semble perdu, sans cap, sans souffle. Ce n'est pas encore la révolte du Bounty, mais entre l'amiral Sarkozy et son second Fillon, c'est le bras de fer pour s'emparer de la barre. Chacun étant persuadé de la pertinence de sa stratégie. Chacun pensant qu'il est le mieux à même d'éviter les écueils qui commencent à effleurer la coque et qui risquent de transformer 2012 en naufrage généralisé. Avec perte de l'Elysée et Trafalgar législatif dans la foulée. 

Elections locales nous avait-on assuré ? Quand on observe aujourd'hui ce psychodrame national, on se dit que la droite a alors définitivement faite sienne la théorie du battement d'ailes du papillon dans l'hémisphère sud... Il aura en effet suffi d'un dimanche d'«élections locales» et d'un score du FN corroborant les sondages qui voient Marine Le Pen émerger en position de rejouer un 21 avril à l'envers en 2012 pour qu'on mesure à quel point deux stratégies sont présentes à la tête de l'Etat. Et au-delà deux visions, deux conceptions, deux idées de la politique. D'un côté celle de Nicolas Sarkozy qui croit qu'il peut une nouvelle fois siphonner comme il l'avait fait en 2007 les voix du FN en droitisant son discours. 

Cette option, illustrée notamment par la récurrence du thème sécuritaire ou encore par le débat sur la laïcité et l'islam débouche sur la logique du «ni-ni». Ni vote PS ni vote FN. Ni la peste, ni le choléra. Cette stratégie Sarkozy-Copé serait le meilleur antidote pour montrer que contrairement à ce que clame Marine Le Pen il n'y a pas d'«UMPS», que la gauche et la droite ce n'est pas «bonnet blanc et blanc bonnet»... A l'inverse, gaullistes historiques, radicaux et centristes campent eux sur la doctrine Chirac du «front républicain». Une thèse dont ce dernier percevra d'ailleurs les intérêts au centuple en 2002 ! 

C'est sur cette ligne que se situe Fillon qui, lui, continue à vouloir établir un cordon sanitaire entre un PS qu'il faut certes combattre au niveau des idées, mais qui est un parti démocratique, et le FN avec lequel toute concession conduirait à perdre son âme. Comme on le voit et même si les tenants de cette ligne soulignent que le siphonnage des voix FN est revenu dans le nez de l'Elysée, c'est bien plus une différence d'approche politique que stratégique qui est en jeu. Hier, après un petit-déjeuner très chaud à l'Elysée, Sarkozy et Fillon ont fait comme si rien ne les séparait. C'est pourtant de chaque côté d'une crevasse désormais bien visible qu'ils se retrouvent dans la dernière ligne droite pour 2012. Avec un gros risque d'écartèlement de l'équipage.

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Publié dans Politique

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