Un boulevard pour la gauche? Non, une vaguelette!
Au soir du premier tour des cantonales, la gauche est en tête (avec près de 47% des voix). Mais on est tout de même loin du raz-de-marée attendu face à une droite si discréditée. Le PS stagne, les écologistes et le Front de Gauche gagnent deux points.
Comme lors des dernières régionales, l’argument du « bouclier social » au niveau local contre un gouvernement adepte du « bouclier fiscal » à l’échelle nationale a fonctionné pour le PS. La formation emmenée par Martine Aubry vire en effet en tête de ce premier tour des cantonales en recueillant 25% des suffrages (chiffres du ministère de l’Intérieur ), près de 31% si l’on y ajoute les voix recueillies par les candidats dits « divers gauche ». Mais si la performance est bonne, elle n’a finalement rien d’extraordinaire. Ce n’est pas le raz-de-marée que certains pouvaient attendre face à une droite si discréditée. En 2004, le Parti socialiste avait d’ailleurs fait un tout petit peu mieux en attirant à lui 26,25% des voix lors du premier tour, un peu plus de 32% voix avec les « divers gauche ».
Même constat du côté d’Europe écologie – Les Verts. Il y a quelques jours encore, dans les rangs de l’état-major écologiste, certains se demandaient — à voix très basse, évidemment — si leur formation pouvait bénéficier d’un « effet Fukushima », tout en surfant — à voix très haute — sur la catastrophe nucléaire japonaise. Au final, Europe écologie affiche un score de 6,95% (selon le ministère de l’Intérieur). Ramené aux 1 200 cantons dans lesquels EELV présentait des candidats, cela donne un résultat aux environs de 12% des suffrages. 12%, c’est un score supérieur à celui qu’appelait de ses vœux Jean-Marc Brûlé, le « Monsieur élections » d’Europe éco il y a quelques jours. Mais supérieur de 2 points seulement. Là encore : point de tsunami donc, mais une petite vaguelette tout de même qui devrait conforter les écologistes dans leur idée de présenter un candidat à la présidentielle.
Reste le Front de gauche. Là encore, les chiffres du ministère de l’Intérieur ne permettent pas d’y voir très clair. Si l’on additionne les scores attribués séparément (et stupidement) au Parti communiste et au Parti de gauche, on s’approche des 9% au niveau national. Mais dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, même si l’on se refuse à se montrer précis, on préfère parler de « score à deux chiffres ». Si l'on ne s'intéresse qu'aux 1 700 cantons dans lesquels il présentait des candidats, le Front de gauche semble en effet se situer au-dessus de 10%, voire aux alentours des 11%.
La gauche progresse donc dans son ensemble. Mais pas le PS. Et pour elle, tout commence finalement ce soir. Car il va lui falloir en effet trouver des accords dans un grand nombre de circonscriptions pour faire, soit barrage à l’UMP, soit au FN. Martine Aubry, Cécile Duflot et Pierre Laurent se sont retrouvés dès ce soir pour en discuter.
Une réunion sur une péniche boudée par Jean-Luc Mélenchon. L’union est un combat dit-on…
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