Un «Americain» à Paris

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Il ne se prénomme pas Jerry mais Dominique. N'est pas artiste peintre mais financier taille XXL.

 

On ne sait pas encore s'il fait le rêve de faire danser la France sur une musique de George Gershwin après l'avoir enlevée à un certain Nicolas, mais on ne peut s'empêcher de penser en évoquant DSK au film culte de Vincente Minelli, un Américain à Paris...

Venant de Washington, c'est bien le patron du FMI qui officiellement a débarqué hier à Paris. Sauf que toute la classe politique française, de gauche comme de droite, n'aura ce week-end d'yeux que pour l'autre DSK : celui qui demain pourrait briguer l'Elysée.

Par un curieux phénomène, cette réunion du G 20, qui est pourtant censée harmoniser les règles entre les vingt ministres des finances des pays les plus influents de la planète, est d'abord observée comme un duel au sommet entre l'actuel maître de l'Elysée et celui qui n'est pourtant pour l'heure que son concurrent putatif dans la course à la magistrature suprême.

 

La complexité des problèmes à résoudre lors de cette réunion du sommet des ministres des finances des pays les plus puissants de la planète et le peu de chances qu'il puisse en sortir une avancée significative -Christine Lagarde elle-même en convient déjà...- concourt évidemment pour beaucoup à ce changement de focale.

Le mutisme obligé du directeur du FMI doublé de sa forte exposition médiatique en cette occasion joue également à plein. Si on ajoute à cela un plan communication mijoté aux petits oignons par un patron du FMI qui ce week-end va passer d'une gentille confrontation avec un panel de lecteurs du Parisien à une interview sans chausse-trappe sur France 2, on comprend pourquoi depuis quelques jours, de Christian Jacob à Jean-François Copé en passant par Pierre Lellouche, la Sarkozie s'est lancée dans un tir de barrage préventif anti-DSK. Façon de lui faire de l'ombre. Façon surtout de garder un projecteur bien fixé sur un Sarkozy qui depuis sa nomination par ses pairs entend bien à travers sa double présidence du G20 et du G8 redorer son image internationale.

 

Tout le week-end Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn ne vont pas manquer de poser pour les photographes en faisant assaut d'amabilité. Pour autant derrière les sourires de circonstances, derrière leurs analyses sur l'harmonisation nécessaire des taux de change au niveau mondial, les deux hommes auront sans doute ce week-end d'autres chiffres en tête. Ceux des sondages.

Dans le premier de l'institut CSA pour Marianne publié hier DSK l'emporterait haut la main -61%- au deuxième tour de la Présidentielle. Pour se consoler, Nicolas Sarkozy pourra toujours regarder le sondage d'Harris qui indique, lui, que 65% des Français pensent que DSK est loin de leurs préoccupations. 1 à 1, balle au centre?

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Publié dans Politique

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