Tuerie de Toulouse : De la compassion au spectacle…
Depuis la tuerie de Toulouse, la France et plus particulièrement ses médias ont définitivement basculé de l’ère de l’information à l’ère du spectacle. Même si l’inverse était hautement improbable, je vous l’accorde.
Au choc a succédé l’émotion et aujourd’hui à une forme d’indifférence.
C’est la sensation que m’a donné cette journée où il nous était possible de suivre en direct, minute par minute, la non intervention pour déloger ce dément. Pour palier à ce vide d’image, les journalistes ont tenté d’occuper de cet abyme à coup d’analyses plus ou moins heureuses, d’informations au conditionnel, elles-mêmes venant d’une source au conditionnel… faire du rien avec rien pour rien.
Au bout de cette journée survient une terrible lassitude qui emporte avec elle une partie de la compassion et entretenant paradoxalement une proximité malsaine avec ce tueur.
Je lisais ce remarquable article de Témoignage Chrétien parlant de la déshumanisation des victimes par l’auteur de cet acte ignoble du fait de l’utilisation de symboles pour justifier l’inqualifiable. Il sera temps par la suite d’analyser le rôle des médias qui ont concouru eux aussi à cette déshumanisation.
Oui, ce spectacle offert tout au long de la journée par nos médias ressemble à une forme de mépris vis à vis des familles et des victimes.
Qui peut nier que cette omniprésence médiatique inanimée n’a pas banalisé, fait oublier l’acte commis au profit du seul tueur… plus qu’Andy Wahrol l’avait prophétisé par rapport à la société du spectacle prédit, lui aura eu ses 20 heures de célébrité, d’autres sont presque déjà dans l’oubli…
The show must go on…