Trichet suggère une mise sous tutelle budgétaire pour les pays de la zone euro en crise

Publié le par DA Estérel 83

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L'Union européenne doit envisager de centraliser davantage ses politiques économiques si elle ne parvient pas à juguler la crise de la dette dans la zone euro, a déclaré hier le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.

A l'occasion de la remise du prix Charlemagne, récompensant sa contribution à l'unification européenne, Jean-Claude Trichet a proposé un droit de veto européen sur certaines décisions économiques nationales. Après avoir fourni une assistance financière « dans le cadre d'un programme d'ajustement fort », les autorités de la zone euro pourraient disposer « d'un droit de regard plus marqué et qui fasse autorité dans la définition des politiques économiques d'un pays, si celles-ci dévient dangereusementOn pourrait imaginer que les autorités européennes aient un droit de veto sur certaines décisions de politique économique nationale. Cette attribution pourrait concerner en particulier certaines dépenses budgétaires majeures et des choix essentiels à la compétitivité du pays ». 

Il s'agirait donc là d'une véritable mise sous tutelle, sur le plan budgétaire et de politique salariale, d'un pays ayant bénéficié d'une aide de la zone euro, mais ne parvenant pas à assurer l'austérité budgétaire exigée en retour, à l'image de la Grèce actuellement.

« Une devise stable »

A plus long terme, Jean-Claude Trichet a suggéré la création d'un ministère central des Finances pour l'Union européenne, dans la lignée du marché unique, de la monnaie unique et de la Banque centrale européenne. « Pas nécessairement un ministère des Finances chargé d'un important budget fédéral. Mais un ministère des Finances qui aurait des responsabilités directes dans au moins trois domaines. Premièrement, la surveillance des politiques budgétaires et de compétitivité. Deuxièmement, toutes les responsabilités typiques du pouvoir exécutif en ce qui concerne le secteur financier intégré de l'Union. Troisièmement, la représentation de la confédération européenne auprès des institutions financières internationales », a-t-il détaillé.

Alors que la zone euro envisage un nouveau plan de sauvetage pour aider la Grèce à s'extirper de sa crise budgétaire, ces propos ont fait bondir la monnaie unique à 1,4487 dollar, au plus haut depuis un mois.

Dans un discours hier à Singapour, la chancelière Angela Merkel a estimé pour sa part que l'euro n'avait pas de problème en tant que tel, « c'est une devise stable », mais a estimé, en allusion à la Grèce, que certains membres de la zone euro avaient « un problème de concurrence, de compétitivité ».Le président de la BCE propose un droit de veto sur un pays en crise. Il souhaite également la création d'un ministère central des Finances pour l'Union européenne

 

 

 

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Publié dans Europe

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