Sur TF1, Aubry cherche à créer le besoin… d’Aubry!
Aubry n’a pas craché sa Valda. À douze jours du dépôt des candidatures pour la primaire, la Première secrétaire du PS est restée fidèle au cap qu’elle s’est fixé : respect du calendrier et promotion du projet. Trop fidèle peut-être…
Certes, se déclarer sur TF1, la « chaîne ami » de « l’ennemi Sarkozy », aurait été symboliquement une erreur. Mais tout de même : comment ne pas profiter de cette opportunité-là, de ces centaines de milliers de spectateurs rivés derrière leurs écrans pour se dévoiler un peu plus qu’à son habitude ? Le maire de Lille, tout en taisant sa candidature, aurait pu se montrer sous un jour différent. Elle aurait pu tomber, ne serait-ce que quelques secondes, le costume de « chef de parti » pour enfiler l’armure de « chef de guerre » prêt à en découdre. Elle aurait au moins pu le suggérer. Las, elle s’est appliquée soigneusement à ne pas sortir des clous du programme socialiste : création de 10 000 postes de policiers et gendarmes, lancement d’une Banque publique d’investissement pour aider les entreprises qui innovent, etc. Et il en sera ainsi jusqu’au 28 juin, date « à partir »de laquelle elle a assuré qu’elle « [s’exprimerait] devant les Français ».
Même la photo de son père Jacques Delors, qui lui a été projeté au cours de l’émission, n’y aura rien changé : « J’ai plutôt envie de parler de la tendresse qui nous lie », lâche-t-elle avant d’ajouter, à destination de Laurence Ferrari, de son acolyte François Bachy et sans doute aussi des Français : « Je comprends votre impatience ». Comme si Aubry cherchait à faire sienne cette méthode usée jusqu’à la corde par les « marketeux » qui consiste à créer le besoin…
Mais l’ancienne collaboratrice du patron des patrons Jean Gandois devrait pourtant le savoir : le marché repose sur une loi, celle de l’offre et de la demande. Et pour qu’il y ait demande et besoin, encore faut-il que le consommateur-électeur sache quel produit-candidat on cherche à lui refourguer…