Sur le délit de connivence, ou faire d'une pierre, deux coups.
Par Michel THOMAS
Les mêmes bonnes âmes qui invoquent volontiers la présomption d'innocence en faveur de Dominique Strauss Kahn n'hésitent pas à accuser le Parti Socialiste d'avoir promu et protégé un prédateur sexuel.
Notons d'abord que ce n'est pas le P.S. mais une opinion publique à la recherche d'un sauveur capable de redresser les finances et l' économie françaises après la gestion catastrophique de Sarkozy qui a placé le patron du F.M.I. en tête des sondages.
DSK n'était nullement assuré de gagner les Primaires, sauf en cas d'appui massif de soi-disant sympathisants appartenant en réalité au clan des conservateurs néo-libéraux ayant perdu confiance en Sarkozy.
Se souvenant de s'être fait étriller en 2006, l'époux d'Anne Sinclair s'efforçait d'ailleurs d'éviter cette consultation démocratique!
Et si de très nombreux socialistes, dont je fais partie, refusaient de soutenir le favori des sondages , ce n'est ni en raison de la fortune de son épouse, ni à cause de sa réputation sur le plan des relations avec les femmes: il est possible que ses proches (Cambadelis, Bartolone, Moscovici, Fabius), ou le Premier Secrétaire (Hollande, puis Aubry) aient été mis au courant de certains comportements violents, mais ce n'était certainement pas le cas de la plupart des responsables du Parti, ni, a fortiori, de l'immense majorité des militants, seulement informés de faits non délictueux relevant de la vie privée.
Ceux qui l'ont écarté en 2006 et s'apprêtaient à lui refuser leurs suffrages en 2011, étaient seulement motivés par sa proximité avec les milieux financiers et certains comportements douteux ayant défrayé la chronique (Privatisation EADS, MNEF, Arbitrage Lagersfeld,cassette Mery, Affaire Tapie...)
Connaissant les propositions qu'il a récemment développées à Francfort, aucun socialiste n'aurait pu voter pour lui; en novembre 2010, au cours d'un colloque bancaire, il dénonçait "un choix conscient de travailler moins d'heures", se prononçait pour "une approche moins restrictive de l'immigration". Il proposait de "donner plus de pouvoir à la Commission Européenne", c'est à dire à un aréopage de technocrates ... !
Michel THOMAS SAINT-RAPHAEL