Sortant de sa planque à l'ONU, Philippe Douste-Blazy rejoint François Bayrou
L'ancien ministre, qui a annoncé dimanche son soutien au candidat du Modem à la présidentielle, est le dernier en date d'une série de ralliements.
Porté par de bons sondages, le candidat centriste François Bayrou multiplie les ralliements d'anciennes figures de l'UDF et ministres de centre-droit, comme le co-fondateur de l'UMP Philippe Douste-Blazy, déçus par "la droitisation" de Nicolas Sarkozy
C'est un ralliement à haute valeur symbolique: Philippe Douste-Blazy, l'un des fondateurs de l'UMP, a annoncé dimanche dans une tribune auMonde.fr qu'il voterait pour le leader centriste à la présidentielle.
"Il est l'un de ceux qui, avec Jérôme Monod, ont créé l'+Union pour un mouvement populaire+ (UMP) auquel il avait amené la plupart des parlementaires de l'ex-UDF", rappelle Marielle de Sarnez, directrice de campagne de François Bayrou.
"J'avais proposé en son temps à François Bayrou de rejoindre ce grand mouvement. Il avait refusé, persuadé que l'alliance des centres et de la droites au sein de l'UMP ne ferait que vassaliser une fois de plus les centristes. Il avait raison", constate amère l'ex-maire de Lourdes, aujourd'hui secrétaire général adjoint de l'ONU.
"Je prends acte que l'UMP, depuis 2007, a pris ses distances avec ce que nous avions créé", ajoute l'ancien ministre en évoquant un "tournant droitier assumé" de l'UMP. Il invite en conséquence "tous les Français à rejoindre" François Bayrou dont il salue "l'indépendance et la fidélité à ses convictions".
"Sa démarche est désintéressée, assure auprès de l'AFP Marielle de Sarnez il n'a rien demandé à François Bayrou".
Quelques jours plus tôt, c'est le libéral Arnaud Dassier, ex-responsable web de l'UMP qui avait rejoint le président du MoDem en parlant d'une "révélation".
"On le voit, les Français n'ont pas envie de se laisser enfermer dans un duel Sarkozy-Hollande. Ils savent gré à François d'avoir dit avant les autres la situation réelle du pays. Il apprécient l'homme libre et son désir de rassemblement", se félicite la numéro 2 du MoDem.
"Arnaud Dassier a eu une petite difficulté d'investiture pour les législatives. J'image qu'il y a peut-être une relation de causalité", quand à Douste-Blazy, "sa famille d'origine est le centre, il retourne vers ses premiers amours, tant mieux pour lui", a commenté le ministre du Logement Benoît Apparu en assurant que les centristes de l'UMP soutiendraient Nicolas Sarkozy.
Ces derniers ralliements interviennent au moment où M. Bayrou connaît une embellie dans les sondages qui le créditent de 12 à 14% d'intentions de vote, plus qu'en 2007 à la même période (entre 6 et 10%).
Auparavant, il avait déjà reçu le renfort de plusieurs personnalités de l'ex-UDF, comme les ex-ministres Jean Arthuis, Alain Lambert, Bernard Bosson, Anne-Marie Idrac et Dominique Versini ainsi que Daniel Garrigue, une figure villepiniste.
Au Nouveau centre, après le député Philippe Folliot, c'est le sénateur Yves Pozzo di Borgo qui a rejoint le camp Bayrou. Le numéro 2 du parti d'Hervé Morin, Jean-Christophe Lagarde a repris langue avec M. Bayrou mais réserve son choix.
Christine Boutin, en froid avec le chef de l'Etat, a fait aussi un pas vers Bayrou en posant ses conditions mais le candidat n'entend pas brader "la cohérence de son programme" sur les sujets (homoparentalité notamment) qui les opposent.
A gauche, en dehors de Jean Peyrelevade, ex-patron du Crédit Lyonnais, les soutiens se font encore attendre. "Tant qu'Hollande sera haut dans les sondages, ce sera difficile pour les élus", convient Mme de Sarnez.
Côté écologiste, Jean-Luc Bennahmias et Yann Werhrling, ex-Verts passés au MoDem, maintiennent les contact avec leurs amis. L'arrivée de déçus du fonctionnement d'EELV ou du faible score d'Eva Joly (3%) est envisagée. D'autant que la candidate écolo n'a jamais cachée sa sympathie pour Bayrou.