Sondages : la Bataille du vrai et du vraisemblable commence

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

Nicolas Sarkozy à Villepinte - cc UMP Photo

 

Ainsi donc les courbes se croisent.  Et voilà qu’une autre campagne commence si l’on a croit les titres de l’AFP ( le sondage qui relance la campagne ) ou les commentaires qui mettent en avant ce 1er tour en oubliant que François Hollande écrase tout au second tour.

Voilà l’entrée en scène du vraisemblable, de l’illusion d’optique, c’est à dire la mise en musique d’un cheveu, qui si l’on ni prend pas garde, devient une perruque. 

Pour preuve l’interview de Patrick Buisson, le conseiller plus que spécial de Nicolas Sarkozy qui, dans Le Monde de cet après-midi annonce déjà la couleur ” Hollande fera moins de voix que Royal car il ne suscite aucun élan “.

On appelle cela des prophéties créatrices, en clair une stratégie de communication politique qui consiste à répéter 10 fois le même mensonge pour qu’il devienne une vérité.

Le vraisemblable est en marche et Nicolas Sarkozy a fait son miel en 2007 là-dessus. En ayant réussi à faire croire que le compétent, le sérieux, le maîtrise, l’homme d’état, c’était lui et non pas Ségolène Royal, avec une complicité presque inconsciente des journalistes suiveurs, pris dans cette tribu Sarkozyste, ficelés, aliénés même au point d’à peine relever les comportements, les bourdes aussi qui étaient autant d’indicateurs sur ce que l’on sait maintenant de Sarkozy homme d’Etat.

Les maîtres de l’illusion sont donc de retour, cette fois, amochés par un bilan économique politique et comportemental qui leur sera impossible de cacher sous le tapis.

Vraisemblablement, Sarkozy remonte. Et alors ? N’est ce pas bien naturel, quand on est président sortant et que le socle de la droite est de 30% dans ce pays ? Il lui reste encore un peu de marge pour y parvenir.

Mais derrière ce sondage, il y a la forêt des obstacles insurmontables. Ça c’est le vrai.

Un bilan désastreux, des classes populaires et moyennes qui ont été matraquées et ont encore la mémoire des coups portés. Personne n’est masochiste au point de redonner 5 ans de pouvoir à un homme qui a si maltraité ses citoyens.

Il y a aussi les reports du second tour. Marine le Pen a ses signatures. On peut donc raisonnablement penser qu’elle va remonter, refixer à nouveau des suffrages, là où, depuis quelques jours, cet électorat était dans l’incertitude de savoir si oui ou non, il aurait une championne défendant ses couleurs. Le Pen qui monte, c’est Sarkozy qui baisse.

Il y a également la durée du second tour. 15 jours pour séduire à nouveau des gens qu’il rebute. Les modems ou les modérés de tous bord. Il lui faudra une sacrée gymnastique mentale et politique pour contredire en 15 jours ce qu’il a martelé pendant 2 mois.

Il y a enfin ce manque d’appétence pour le personnage. Lui qui se vantait de faire exploser l’audience n’a recueilli qu’un médiocre 4,2 millions hier sur TF1, battu par Cold Case sur France 2. S’il peut accuser Hollande de ne susciter aucun engouement, il en va de même pour lui, qui a la différence du candidat PS n’est pas à la traîne dans les sondages et enfoncés dans tous les secteurs de jeux, qu’il s’agisse de sa crédibilité sur l’économie, le social, l’international.

À l’équipe de François Hollande de se méfier de cette stratégie du vraisemblable, en opposant le vrai : l’incompétence de Nicolas Sarkozy à diriger un pays. Tout simplement.

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Publié dans SARKOZY

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