Sévère mise en garde de Bayrou à Sarkozy sur le FN

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

Par Renaudot

François et François en embuscade - cc photogreuhphies

François et François - cc photogreuhphies

 Nous avons soulignés en matinée le silence coupable des centristes face à l’attitude de Nicolas Sarkozy à l’égard du Front National et des idées d’exclusion qu’il véhicule. Parmi ces centristes, François Bayrou et Hervé Morin. En début d’après-midi, tous les deux se sont exprimés. 

Hervé Morin a définitivement troqué son âme contre des circonscriptions en déclarant : « je leur dis (aux électeurs centristes, ndlr) qu’ils sont programmatiquement plus proches de Nicolas Sarkozy que de François Hollande » et qu’il n’avait jamais eu « l’impression d’être obligé de sortir (son) mouchoir ».

L’irruption dans le débat de François Bayrou est plus intéressante car elle va avoir un impact sur le choix que fera son électorat dont Nicolas Sarkozy a besoin tout autant que celui de Marine Le Pen. Le Président du Modem a affirmé dans une déclaration dont il a pris l’initiative auprès de l’AFP qu’« aborder la question de l’immigration en validant la thèse du Front national et en prétendant que les déséquilibres des comptes sociaux étaient dus aux immigrés, c’est une reniement d’un demi-siècle de politique sociale en France » et que « les propos de Nicolas Sarkozy tendant à confondre les électeurs qui ont voté pour moi et ceux de Marine le Pen sont absurdes et offensants ». Première déchirure due au grand écart Sarkozyste que nous avons déjà pointé.

Cette prise de position forte préfigure-t-elle le choix que fera François Bayrou en vue du second tour ? Rien n’est moins sûr. Elle pourrait même servir à justifier le « ni ni » qu’il souhaite faire prévaloir pour constituer un centre fort et autonome après la présidentielle : ni le candidat de la dépense publique en cette période de crise, ni celui de l’alliance avec le Front national.

Mais au-delà de ces considérations tactiques, la mise en garde de François Bayrou fixe au grand jour une ligne rouge concernant la chasse aux voix frontistes, que Nicolas Sarkozy a dépassé en mésestimant peut-être, obnubilé par son avenir personnel, le fait qu’il a mis le doigt dans un engrenage diabolique.

Le Front National est en effet comme un ogre jamais repu de chair fraîche. Plus on lui cède et plus il repousse les limites de l’acceptable. Après avoir beaucoup reçu sur le plan de l’acceptation de ses idées, il demande désormais à l’UMP de s’engager formellement sur un vote en faveur des candidats frontistes aux législatives en cas de duel PS-FN au second tour.

Quel que soit au final le choix du président du Modem qu’il fera connaître au lendemain du débat de l’entre-deux-tours, ses électeurs sont aujourd’hui prévenus : la reprise à son compte par Nicolas Sarkozy des thèmes et propositions du Front national, est, selon les mots de François Bayrou, « un reniement du gaullisme aussi bien que des démocrates-chrétiens et humanistes ».

Pour préserver les valeurs humanistes, les électeurs du Modem doivent donc écarter celui qui les met en danger.

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Publié dans Politique

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