Sénatoriales : "La France s'est réveillée avec une nouvelle cohabitation"
La presse internationale commente largement, lundi, la victoire de la gauche au Sénat. Morceaux choisis.
"Succès", "victoire", "triomphe", "séisme politique"... La presse internationale ne fait pas dans le détail, lundi matin, pour relayer le basculement du Sénat français à gauche. "Sarkozy est en train de perdre le contrôle" de la Chambre haute, résume le Wall Street Journal, qui, comme la majorité des titres, voit surtout dans ce changement historique un désaveu pour le chef de l'État, et un défi pour la fin de son quinquennat.
"Un Sénat dans l'opposition pourrait compliquer le projet de M. Sarkozy de briguer un second mandat au printemps 2012", affirme le quotidien le plus diffusé aux États-Unis. Même analyse pour leTelegraph britannique, qui considère que ce scrutin est "de mauvais augure pour M. Sarkozy, déjà empêtré dans une affaire de financement de parti politique".
Des affaires également rappelées par La Vanguardia. Le quotidien espagnol, qui n'hésite pas à annoncer que "la France s'est réveillée avec une nouvelle cohabitation politique", assure, citant des "sources socialistes françaises", que les nouveaux sénateurs réactiveront "d'ici aux élections présidentielles" des commissions d'enquête pour bousculer le pouvoir. Aux yeux du journal, qui ne cache pas son engagement à gauche, la présidence Sarkozy est désormais "boiteuse".
"Cela ne va pas changer grand-chose"
Pour l'ensemble des journaux, la première victime annoncée de cette nouvelle donne politique est la désormais célèbre "règle d'or" que Nicolas Sarkozy voulait faire adopter par le Parlement réuni en Congrès avant la fin de son mandat. "La victoire de la gauche empêche l'Élysée de continuer avec cet équilibre du budget auquel Sarkozy tient tant", résume le quotidien italien de gauche l'Unità, rappelant que, si la majorité des 3/5es des parlementaires était déjà loin d'être acquise avant le scrutin, elle est désormais impossible à obtenir.
Le quotidien belge Le Soir se montre, lui, plus prudent. Citant, sous le couvert de l'anonymat, un ministre français, il rappelle à ses lecteurs que, "concrètement, cela ne va pas changer grand-chose puisque le dernier mot revient à l'Assemblée nationale". Et le Guardian de rappeler que Nicolas Sarkozy ne sera pas le premier chef d'État à gouverner avec la seule Assemblée nationale acquise à sa cause. "François Mitterrand a dû gérer cette situation pendant 14 ans", insiste le quotidien, qui ne manque pas de rappeler que l'alternance était à la clé.