Ségolène Royal : le « show » présidentiel





Elle a animé une conférence sur la précarité.
La présidente de Poitou-Charentes a présenté des mesures « afin de stopper le sentiment de déclassement ». PHOTO XAVIER LÉOTY
C'est en fin de journée, hier, que Ségolène Royal était attendue dans le grand auditorium de l'université d'été de La Rochelle, afin d'animer une séance plénière basée sur le thème « Société précaire, société indignée ».
Tout avait été orchestré par bon nombre de salariés du Conseil régional de Poitou-Charentes, par les membres de Désirs d'avenir et par tous ceux qui arboraient un tee-shirt noir avec des couleurs pétantes, sur lequel on pouvait lire, devant, le nom de la candidate, et derrière, ce slogan : « La présidente des solutions ».
« On va gagner ! »
Musique entraînante à fond les manettes, nuée d'appareils photographiques et de caméras : Ségolène Royal a mis plus d'un quart d'heure avant de pouvoir monter sur l'estrade, rayonnante, sous les hourras de la foule hurlant, entre autres, « On va gagner ! » Un petit malin profitant néanmoins du fait que les militants reprenaient leur souffle pour crier un incongru : « Montebourg président ! »
Le décor était planté. Le discours à suivre s'est avéré volontairement intense, une présentation de mesures concrètes « afin de rendre la visibilité sociale à ceux qui ne l'ont plus […], de stopper le sentiment de déclassement ».
Refus de l'assistanatPropos avec une première partie destinée à peindre cette société précaire à grand renfort de phrases chocs, des statistiques. Retenons que l'an passé, sur les 19 millions de contrats de travail signés en France, 12 concernaient des contrats à durée déterminée de moins d'un mois, ou encore que, dans notre pays, un salarié sur cinq gagne moins de 800 euros, autant de situations impliquant une indispensable intervention du politique. Sans qu'il s'agisse d'assistanat : « Il faut responsabiliser les individus en les accompagnant avec des mécanismes permettant à chacun de prendre sa vie en main », a déclaré Ségolène Royal avant de s'en prendre avec vigueur aux banques et à la « financiarisation » en général.
La suite a concerné le détail de ses solutions, avec l'économie solidaire, l'éducation, l'écologie, l'effort ciblé contre les îlots de précarité, la lutte contre l'insécurité avec le fameux encadrement militaire pour les délinquants, lequel a suscité un mélange de bravos et de sifflets. En tout cas du concret, avec maintes allusions au laboratoire de Poitou-Charentes. Les autres intervenants ont écouté cette intervention vigoureuse avec patience, puisqu'il est vrai que la candidate socialiste à la primaire a largement dépassé son temps de parole.