Ségolène Royal, Jacques Julliard et la «longue nuit du Fouquet’s»
Ségolène Royal et Jacques Julliard unis « vers une République citoyenne ?». Pas vraiment un débat, plutôt un discours consensuel tourné vers la victoire de la gauche en 2012.
En guise de préambule, la présidente du conseil général de Poitou-Charentes s’adresse au public grenoblois venu en nombre. Et elle donne le ton, il sera rassembleur : « Vous êtes en quelque sorte une réponse à la question posée dans ce débat.
Aujourd’hui, quinze millions de Français finissent leur mois à cinquante euros près, ce n’est pas acceptable.» Et Ségolène Royal défend pendant une bonne vingtaine de minutes son bébé : « Le déficit de démocratie est à la base de toutes les crises, il faut revenir aux fondamentaux de la République. »
Pour elle, la République participative, dont la démocratie citoyenne est la base, n’est pas celle des crédits revolving, des délocalisations à tout va, des catastrophes écologiques et des scandales de santé publique. La salle est sous le charme.
La candidate à la présidentielle de 2007 renaît de ses cendres et emporte les adhésions grenobloises : « il faut revitaliser la démocratie pour sortir de la crise », scande-t-elle sous les applaudissements.
L’intervention de Jacques Julliard n’est alors qu’un long assentiment, un « enfilage de perles », selon ses propres termes, des valeurs battues et rebattues de la gauche : égalité, laïcité, fraternité.
« De l’omnipotence à l’impuissance »
Puis c’est au tour de Laurent Neumann, le journaliste de Marianne, d’enchaîner sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui est passé « de l’omnipotence à l’impuissance ».
Les vannes sont ouvertes et les intervenants déchaînés : « Le Président de la République est l’homme qui a le plus de pouvoir en France et qui n’est contrôlé par personne ».
Jacques Julliard est notamment très remonté à propos de la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’Etablissement public d’aménagement du quartier d’affaires de la Défense (EPAD) : séparer politique et économie doit être le maître mot.
« Il faut un rejet massif de la façon de gouverner actuelle en France pour voir comment gouverner celle de demain. » Avant de laisser la parole à Ségolène Royal pour conclure : « la crise doit être une opportunité pour changer les règles du jeu. Vous êtes ceux qui peuvent mettre fin à cette longue nuit du Fouquet’s. »