Ségolène Royal à Nicolas Hulot : "Les candidatures médiatiques n'ont jamais réussi"
"Lorsqu'on se lance dans une présidentielle… Il faut être solide et accepter de se laisser bousculer", avertissait Dominique Voynet, ancienne candidate des Verts, à l'attention de Nicolas Hulot, candidat potentiel mais non déclaré. Le message de la maire de Montreuil a, semble-t-il, été entendu par la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, qui s'est chargée de porter un coup médiatique contre Nicolas Hulot, qui hésite pour 2012.
La présidentielle, "ce n'est pas comme porter une émission de télé", a-t-elle prévenu. "Les gens croient qu'être président, c'est toujours plus facile que ça paraît. C'est un long travail, (…) il faut un projet, ça ne s'improvise pas", a déclaré jeudi Mme Royal, en déplacement en Seine-Saint-Denis, dans le cadre d'une double campagne : les élections cantonales de mars 2010, pour lesquelles elle soutenait Claude Bartolone, président socialiste du conseil général, et surtout sa propre candidature pour la primaire socialiste.
UNE CHARGE SOCIALISTE INÉDITE
A propos d'une éventuelle candidature à la présidentielle de Nicolas Hulot, Ségolène Royal a tenu à aviser son adversaire potentiel, par médias interposés, de la difficulté et des risques d'un éventuel engagement dans la course : "Les candidatures médiatiques n'ont jamais réussi. Maintenant, on verra", avant d'ajouter : "Il est connu grâce à ses émissions sur TF1 essentiellement. (…) Porter un pays, ce n'est pas comme porter une émission de télé". "Il est très sympathique au demeurant", a-t-elle conclu.
Claude Bartolone, qui accueillait Ségolène Royal dans son fief, n'a pas contredit son invitée : "Il y a une grande différence entre popularité et capacité électorale" ; avant de reconnaître que "c'est aux écologistes de choisir leur candidat".
Comment interpréter cette charge socialiste assez inédite contre le possible candidat écologiste ? Est-ce une saillie isolée ou le début d'une offensive à gauche contre Nicolas Hulot ? Les partisans de ce dernier y verront certainement un signe que l'idée de sa candidature en dérange certains au Parti socialiste.