SÉCURITÉ: L'UMP EN PLEINE CASTAGNE
25/08/2010
Qui sème le vent... Pour avoir ignoré le proverbe, Nicolas Sarkozy et l'UMP avec lui se retrouvent désormais dans une bourrasque à décorner une majorité. En jouant au pompier-pyromane sur la sécurité, le président croyait réaliser la martingale parfaite: faire oublier l'affaire oeoerth-Bettencourt, tendre un piège à la gauche et préparer la moisson de voix d'extrême-droite pour 2012. Or, aujourd'hui, le feu qu'il a allumé lui échappe et dépasse largement le camp de l'opposition, laquelle a su, dans son ensemble, éviter de foncer tête baissée dans la muleta qu'on agitait sous son nez pour l'envoyer tournebouler dans le sable de son soi-disant «angélisme». Aujourd'hui ce ne sont plus seulement les associations de droits de l'homme, les «milliardaires de gauche», la presse française et étrangère, plus seulement l'Église catholique du plus humble curé jusqu'à Benoît XVI qui s'émeuvent des dérapages sarkozystes. Non, aujourd'hui, c'est la droite, et au oeoeur de la droite l'UMP, qui sont saisies de convulsions. Des convulsions de répugnance morale le plus souvent sincères mais parfois également très opportunistes. Le choeur des indignations n'arrête pas de recruter: d'Alain Juppé à Christine Boutin en passant par Jean-Pierre Raffarin et surtout Dominique de Villepin. Voici en effet notre ex-Premier ministre remonté comme à la veille de son discours à l'ONU sur l'Irak! Après sa tribune dans Le Monde et sa dénonciation de «la tache de honte» faite au drapeau français, le voilà qui hier matin sur RTL fustige «une politique inefficace, indigne et dangereuse». Dénonçant une simple «stratégie électorale» -ce qui évidemment est à cent lieues de ses propres préoccupations...- Dominique de Villepin en appelle à tous ceux, gaullistes, démocrates chrétiens et catholiques sociaux pour refuser ce «qui n'est pas la politique de la droite». Moins radical, Jean-Pierre Raffarin n'en enfonce pas moins le clou avec une vigueur salutaire en expliquant que la «dérive droitière» de l'UMP «pose problème». Il ne brandit pas aussi clairement la menace pour lui et ses amis de quitter l'UMP que ne l'a fait Christine Boutin, mais c'est tout comme. Cette offensive en règle a évidemment provoqué la montée au créneau des grognards du sarkozysme. Et inutile de dire que quand c'est Luc Chatel ou Christian Estrosi qui mènent la contre-attaque, on donne dans la finesse d'analyse, l'argumentation structurée, l'intelligence du coeur et donc... l'apaisement. Bref, depuis hier, la majorité est au bord de la crise de nerf. Et ne semblait plus attendre qu'une chose: que François Fillon le chrétien, le modéré, le gaulliste social sorte de son mutisme. Insupportable suspense! Finalement Fillon a parlé. Pour dire quoi? Que la lutte contre l'immigration irrégulière ne devait «pas être instrumentalisée de part et d'autre». Voilà ce qui s'appelle prendre position. Mais pouvait-on attendre autre chose d'un «directeur de cabinet»?