SARKOZY S'EN VA EN «GUERRE»
Virage à droite pour le chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy a prononcé hier à Grenoble un discours martial sur la sécurité et annoncé un renforcement de l'arsenal répressif.
Le président de la république a sorti hier l'artillerie lourde. Venu installer le nouveau préfet de l'Isère, Eric Le Douaron, choisi dans les rangs de la police, Nicolas Sarkozy a prononcé à Grenoble un discours musclé sur la sécurité et l'immigration en promettant un nouveau renforcement de l'arsenal répressif.
A la préfecture, le chef de l'Etat a repris le discours de fermeté contre les délinquants qui ont fait son succès en 2007. Mais cette fois, il l'a accompagné de quelques annonces spectaculaires.
Première mesure: le chef de l'Etat a demandé que la nationalité française puisse «être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte» à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de tout autre «dépositaire de l'autorité publique».
Ensuite, il a proposé que dès la rentrée parlementaire les peines planchers, qui visent actuellement les seuls récidivistes, puissent désormais s'appliquer «à toutes les formes aggravées c'est-à-dire notamment les violences sur des personnes dépositaires d'une autorité publique». Une annonce dont le Syndicat Alliance police (deuxième syndicat de gardiens de la paix) s'est félicité.
«L'instauration d'une peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes sera discutée au Parlement dès la rentrée», a aussi annoncé M. Sarkozy.
Martial, le chef de l'Etat a évoqué une «guerre nationale» contre les «voyous». Il a également établi un parallèle clair entre la délinquance et les difficultés d'intégration de certains immigrés. «Nous subissons les conséquences de 50 années d'immigration insuffisamment régulées qui ont abouti à un échec de l'intégration. Nous sommes si fiers de notre système d'intégration, peut-être faut il se réveiller pour voir ce qu'il a produit. Il a marché, il ne marche plus», a lancé le chef de l'Etat.
«Bras de fer avec Marine Le Pen»
Soulignant qu'en 2009 «le taux de chômage des étrangers non communautaires a atteint 24%», soit plus de deux fois la moyenne nationale, il a souhaité «que l'on évalue les droits et les prestations auxquelles ont aujourd'hui accès les étrangers en situation irrégulière».
Environ 300 personnes ont manifesté dans le centre de Grenoble contre la venue du chef de l'Etat, soigneusement tenues à distance de la préfecture.
Benoît Hamon (PS) a aussitôt dénoncé un «discours usé» de M. Sarkozy qui «monte la voix crescendo» sur l'insécurité sans que les résultats suivent. Le président est , dit-il, «engagé dans un bras de fer avec Marine Le Pen dans la perspective du premier tour» de la présidentielle de 2012.
«M. Le Pen et sa fille n'ont plus besoin de parler, la copie parle à leur place», a déclaré Noël Mamère (Verts). On agite «les refrains des années 30» sur les étrangers, pour la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).
Le président de la république souhaite retirer la nationalié aux délinquants ayant tiré à balle réelle sur des policiers.