«Sarkozy? On dirait Madoff donnant des cours de comptabilité»

Publié le par DA Estérel 83

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Le parti socialiste clôt sa réflexion sur le «nouveau modèle de société», voté à l'unanimité. La première secrétaire a jugé le président de la République, «vulgaire»«inefficace»,«inélégant» et «inconstant».

 


Journée sans enthousiasme, avant un final offensif. Si le parti socialiste peut ce samedi afficher une belle unanimité au terme de sa première convention thématique de fond sous l'ère Aubry, le climat général n'a pas été des plus passionnants. Réglé dès son lancement, par l'adoption déjà unanime d'un texte par le conseil national du PS le 27 avril dernier, la discussion interne n'a pas franchement excité la base socialiste. Et la salle des Docks de Paris (dans une zone commerciale de la Plaine-Saint-Denis) a été très peu fournie (tout au plus deux cents personnes durant toute la journée).

Sans doute le fait que le texte «pour un nouveau modèle de développement économique, social et écologique» ne soit que le reflet du centre de gravité socialiste du moment, et en aucun cas un projet engageant le candidat à venir, a contribué à cette relative atonie. «Un socle, une vision, une stratégie, mais en aucun cas un programme», a ainsi résumé Pierre Moscovici, le coordonnateur de la convention. Certes, 318 amendements issus d'une cinquantaine de fédérations ont été déposés et 70 sont venus renforcer le texte mais, de l'aveu de tous, la commission de résolution, animant traditionnellement les veilles de convention, fut tout aussi calme.

Samedi, à la tribune, tous les orateurs ont loué les vertus d'un texte collectif, quelles que soient les motions qu'ils représentaient. Et chacun de se dire d'accord avec tout le monde, sur la nécessité de prendre en compte l'écologie et la croissance verte, comme la réindustrialisassions et la relocalisation, la préservation de l'emploi voire le plein emploi, ou la redistribution des richesses. Une étape de plus dans l'apaisement des fractures passées, mais au détriment certain d'une quelconque effervescence.

Point de retour aux «années Lionel Jospin» donc, où les conventions rassemblaient bien plus de militants et débouchaient sur des points de programme que le futur candidat ferait sien, alors qu'on avait pu voir dans l'héritage du PS des années 1995-1997 un modèle pour la première secrétaire actuelle de «remettre le parti au travail». Mais l'ouverture d'une «séquence Martine Aubry», dépassionnée et démédiatisée, au risque de laisser transparaître un certain attentisme. «Aujourd'hui, le temps politique est beaucoup plus direct, et le processus des conventions tel qu'il est prévu paraît anachronique, reconnaît un conseiller d'Aubry. Mais en même temps, tout le monde a compris aujourd'hui que moins il y a d'unité, moins il y a de crédibilité. La résonance dans la presse n'est pas folichonne sur le moment, mais elle offre au moins l'image du sérieux et montre aux Français comme aux militants que le travail de fond existe, et que le parti n'est pas obnubilé par la présidentielle.» Un autre proche de la première secrétaire estime de son côté que si «ce texte ne présume pas ce que sera le projet du candidat à la présidentielle, il est une base qui servira à la majorité une fois revenu au pouvoir».

Journée sans enthousiasme, avant un final offensif. Si le parti socialiste peut ce samedi afficher une belle unanimité au terme de sa première convention thématique de fond sous l'ère Aubry, le climat général n'a pas été des plus passionnants. Réglé dès son lancement, par l'adoption déjà unanime d'un texte par le conseil national du PS le 27 avril dernier, la discussion interne n'a pas franchement excité la base socialiste. Et la salle des Docks de Paris (dans une zone commerciale de la Plaine-Saint-Denis) a été très peu fournie (tout au plus deux cents personnes durant toute la journée).

Sans doute le fait que le texte «pour un nouveau modèle de développement économique, social et écologique» ne soit que le reflet du centre de gravité socialiste du moment, et en aucun cas un projet engageant le candidat à venir, a contribué à cette relative atonie. «Un socle, une vision, une stratégie, mais en aucun cas un programme», a ainsi résumé Pierre Moscovici, le coordonnateur de la convention. Certes, 318 amendements issus d'une cinquantaine de fédérations ont été déposés et 70 sont venus renforcer le texte mais, de l'aveu de tous, la commission de résolution, animant traditionnellement les veilles de convention, fut tout aussi calme.

Samedi, à la tribune, tous les orateurs ont loué les vertus d'un texte collectif, quelles que soient les motions qu'ils représentaient. Et chacun de se dire d'accord avec tout le monde, sur la nécessité de prendre en compte l'écologie et la croissance verte, comme la réindustrialisation et la relocalisation, la préservation de l'emploi voire le plein emploi, ou la redistribution des richesses. Une étape de plus dans l'apaisement des fractures passées, mais au détriment certain d'une quelconque effervescence.

Point de retour aux «années Lionel Jospin» donc, où les conventions rassemblaient bien plus de militants et débouchaient sur des points de programme que le futur candidat ferait sien, alors qu'on avait pu voir dans l'héritage du PS des années 1995-1997 un modèle pour la première secrétaire actuelle de «remettre le parti au travail». Mais l'ouverture d'une «séquence Martine Aubry», dépassionnée et démédiatisée, au risque de laisser transparaître un certain attentisme. «Aujourd'hui, le temps politique est beaucoup plus direct, et le processus des conventions tel qu'il est prévu paraît anachronique, reconnaît un conseiller d'Aubry. Mais en même temps, tout le monde a compris aujourd'hui que moins il y a d'unité, moins il y a de crédibilité. La résonance dans la presse n'est pas folichone sur le moment, mais elle offre au moins l'image du sérieux et montre aux Français comme aux militants que le travail de fond existe, et que le parti n'est pas obnubilé par la présidentielle.» Un autre proche de la première secrétaire estime de son côté que si «ce texte ne présume pas ce que sera le projet du candidat à la présidentielle, il est une base qui servira à la majorité une fois revenu au pouvoir».

Aubry et la «vulgarité» de Sarkozy

En conclusion des débats de la journée, Pierre Moscovici a réaffirmé «la fierté collective d'un parti qui réfléchit à nouveau» et a estimé que «si on a pu entendre des grilles de lecture différentes, on a surtout noté la volonté de tous de sortir de nos routines. Nous pouvons dire les mêmes choses, si nous nous écoutons». Comme un clin d'œil à un épisode bien connu de la dramaturgie socialiste, «Mosco» a été fort applaudi quand il annonça l'intégration, «à la demande de la fédération de Charente et en pensant fort à Pierre Mauroy», du mot «ouvrier» dans le texte. «Car ce n'est pas un gros mot», a-t-il lancé, en référence à l'expression de Mauroy pendant la campagne de Lionel Jospin en 2002, où le même mot avait été oublié du programme… dont Moscovici avait la charge. Une preuve que les temps changent?

Martine Aubry en est persuadée («les choses changent») et l'a martelé, en tout cas, au moment de son discours final. Estimant que cette «belle journée» arrive «à point venu au moment de la crise financière et du capitalisme qui marche sur la tête», la première secrétaire s'est félicitée de voir «un parti qui n'oublie pas ses valeurs, mais qui les ancrent dans la modernité». Voulant aller «au-delà des rustines et des cataplasmes pour changer de système économique», elle a axé son intervention sur les services publics (évoquant notamment «la démission de l'Etat sur la sécurité» et «le plan massif de licenciements dans l'Education nationale»), mais a également élargi son propos à «l'inquiétude de nos chercheurs», aux «PME qui ne sont et ne seront pas aidées par le secteur bancaire» ou au sauvetage de «l'agriculture, car notre indépendance alimentaire est en cause».

Aubry a enfin consacré une large part de son discours à Nicolas Sarkozy,«un président qui n'a plus de cap et qui est toujours dans les invectives», sur lequel elle a concentré ses critiques. «Quand il nous donne des leçons de gestion, on dirait Madoff nous donnant des cours de comptabilité», s'est-elle exclamée, avant d'aborder ses récentes déclarations sur les retraites et la responsabilité de François Mitterrand: «A son inconstance, il ajoute l'inélégance. A son inefficacité, il ajoute la vulgarité de Sarkozy.»Sur le dossier des retraites, en écho aux déclarations de Dominique Strauss-Kahn annonçant qu'il ne fallait pas avoir de dogme, elle rétorque: «Il ne s'agit pas de dogme, mais d'une affaire de justice. Si Sarkozy cherche une victoire idéologique, nous serons là, avec les syndicats, les experts et les salariés, pour lui dire qu'il faut d'autres mesures et d'autres financements que le relèvement de l'âge légal, comme le montrent nos propositions.»

Mais en coulisses, comme dans les esprits des cadres socialistes, c'est déjà la convention sur la rénovation qui anime les discussions. Celle-ci, dont la conclusion est prévue le 3 juillet après un vote militant le 20 juin, s'ouvre dès lundi avec la révélation d'un texte cadre issu de la commission présidée par Arnaud Montebourg depuis plus de six mois, qui sera débattu mardi en bureau national, avant de l'être dans les sections. Au menu, primaires (avant ou après l'été 2011?), non-cumul des mandats (concernant ou pas les sénateurs?) et date du prochain congrès (avant ou après les primaires?). D'ores et déjà, tous assurent que l'unanimisme ne sera plus de circonstance

 


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Publié dans PS

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