Sarkozy n’aime pas être face à des candidats qu’il « ne connaît pas »

Publié le par DA Estérel 83

Rue89

 

 

Quelle note bien amère pour terminer une campagne ratée : Nicolas Sarkozy a comparé ce jeudi l’élection présidentielle au Festival de Cannes, une sorte de concours de beauté avec des candidats qui ne seraient pas de son niveau.

Sans doute parce qu’il sait qu’il a de moins en moins de chances de remporter la Palme d’or cette année, le Président sortant s’est lâché, jeudi à Saint-Maurice (Val-de-Marne) :

« La conception extraordinaire de l’égalité à la Française, c’est neuf contre un. Et en plus, il ne faut pas se plaindre. Je passe dans des émissions à des heures extraordinaires entre deux personnes que je ne connais pas, qui viennent tous les cinq ans comme une sorte de Festival de Cannes qui s’arrête et qui ne recommencera pas. C’est une démocratie formelle qui étonne le monde entier et que même les Français regardent avec beaucoup de scepticisme.

Quels sont ces personnages à qui on donne des temps de parole extraordinaires, qu’on n’a pas vus avant, qu’on ne verra pas après ? Quelle curieuse façon d’exprimer la démocratie ? Je me suis soumis à cette règle, ce n’est pas cela qui m’empêchera de courir le plus vite possible l’épreuve. »

Le jeu ne lui étant pas favorable, cette fois, le coureur s’en prend donc aux règles qui ne l’avaient pas si mal servi jusque-là.

Qu’il y ait des candidats qu’il « ne connaît pas » le surprend quand ils ont rempli tous les critères de candidature, et en particulier les 500 parrainages d’élus.

Qui vise-t-il, en dehors de Jacques Cheminade, seul véritable ovni de la campagne (et encore, il a déjà été candidat en 1995) ? Eva Joly, l’ancienne magistrate « norvégienne ménopausée » (c’est elle qui le dit) qui l’agace en lui parlant de ses « affaires » ? Ou Philippe Poutou, qui n’est pas du sérail et retournera à son usine Ford une fois le scrutin terminé ?

Critique méprisante

La critique est méprisante et laisserait entendre qu’il faudrait être du même monde que Nicolas Sarkozy pour pouvoir prétendre rivaliser avec lui.

De même, l’égalité du temps de parole le choque, alors qu’il a eu cinq années pour occuper le terrain médiatique et l’a fait avec méthode et talent.

Enfin, le monde entier qu’il prend à témoin s’étonne moins de la multiplication des candidats que de ce Président aux pouvoirs et au statut monarchiques, archaïsme français unique en Europe...

Nicolas Sarkozy a toutefois raison lorsque, dans le même discours, il relève :

« Je sens le peuple de France exaspéré à un point qu’on n’imagine pas dans certains milieux et dans certaines élites. »

Ce qu’il ne semble pas avoir totalement saisi, c’est qu’il risque fort d’en être la première victime, car il s’est lui-même identifié à l’oligarchie, et ne convainc personne quand il prétend aujourd’hui la combattre.

Ce qui perce à travers cette sortie, prononcée l’avant-dernier jour de la campagne du premier tour, c’est l’amertume d’un homme qui a raté son coup et sent le sol se dérober sous ses pieds. Et puisqu’il évoque le Festival de Cannes, un nom de film vient à l’esprit : « Le Mépris ».

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Publié dans SARKOZY

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T
S'il en est un qui n'est pas "au niveau", c'est lui: Il est un des moins diplomés du lot; il parle français moins bien que la plupart des autres candidats; il lit des discours qu'un autre a écrits<br /> et qui expriment des idées en totale contradiction avec tous les actes de son quinquennat; et surtout il ose invoquer des "valeurs républicaines" qu'il bafoue allégrement depuis 2002 ! Même Marine<br /> Le Pen est plus crédible que lui !
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