Sarkozy fait tapis

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Nicolas Sarkozy a joué gros hier soir. Sans mégoter sur les annonces qui décoiffent. Des annonces faites pour conforter son camp mais aussi aller droit au coeur de cible qu'il dispute à son principal adversaire, les fameuses «classes moyennes».

 

Nicolas Sarkozy était hier soir dans la position du joueur de poker. N'avait-il pas, avant même le début de la partie, réussi à s'assurer d'une exposition maximum en raflant la quasi-totalité des audiences télévisuelles? Huit chaînes à retransmettre une prestation élyséenne, le record de tous les temps! Le décor était donc planté. 

Restait plus qu'à jouer la partie. Et on peut dire que le président n'a pas hésité à abattre toutes ses cartes d'un coup. Pas hésité à les sortir une à une de sa manche et à être celui qui joue son va-tout. Celui qui fait tapis. Mais sans jamais se découvrir. Celui qui, dans le rôle du président «jusqu'au bout» qu'il veut être, permet au candidat putatif de marquer des points et de rêver encore à sa réélection. 

Celui qui regarde la France dans les yeux en l'assurant de son «authenticité», de sa «sincérité» mais dont on ne sait s'il bluffe au moment même où il lance avec condescendance pour ses adversaires que «les Français sont revenus de tout ce cirque»... Nicolas Sarkozy a joué gros hier soir. Sans mégoter sur les annonces qui décoiffent. Des annonces faites pour conforter son camp mais aussi aller droit au coeur de cible qu'il dispute à son principal adversaire, les fameuses «classes moyennes». Annonces sur le logement avec un droit à construire augmenté de 30% et des sanctions doublées pour les communes qui ne joueraient pas le jeu. 

Bouquet de propositions pour l'emploi avec la création d'une banque de l'industrie, des mesures pour l'apprentissage et bien sûr la baisse des charges patronales afin de lutter contre les délocalisations. Et si la TVA ne sera pas... «sociale» - car le Président, mais sans doute le candidat tout autant, déteste l'appellation... - elle sera quand même! Plus 1,6% pour les consommateurs. Mais avec une promesse à la clé: les prix... n'augmenteront pas. Et pour faire bonne figure, un petit coup d'augmentation de la CSG sur les produits financiers et une taxe sur les transactions financières! 

Car, qu'on se le dise, Nicolas Sarkozy n'est pas là «pour faire de la démagogie». Et si son credo c'est désormais «l'emploi, l'emploi, l'emploi», il ne va pas être comme ses adversaires. C'est pas lui qui proposerait des «rêves à bon marché». Pas lui qui resterait «les bras croisés». Pas lui qui placerait la campagne - dans laquelle, il n'est évidemment toujours pas engagé... - au «niveau du caniveau». Lui, il est bien obligé d'écoper les bêtises de ses prédécesseurs! Comme ces «35 heures qui ont conduit à la catastrophe». 

A la place, il va convoquer les syndicats pour signer des «accords de compétitivité». Et s'il venait aux syndicats la mauvaise idée de «bloquer», ce serait au Parlement de décider alors d'une loi pour caser ces satanées 35 heures! Car, qu'on se le dise, le Président, est «très déterminé». Et pas du tout préoccupé par sa candidature. La meilleure preuve: il exclut toute augmentation d'impôt. Et ça, ça ne trompe pas...

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Publié dans SARKOZY

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P
Pour faire tapis! il faut une bonne paire! J'en doute.
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