Sarkozy en opération reconquête
Un point de mieux en un mois dans un sondage pour arriver péniblement à un taux encore calamiteux de 29 % de popularité, ce n'est certes pas le Pérou. La chute de Dominique Strauss-Kahn ne profite pas (encore ?) directement à la restauration de l'image de Nicolas Sarkozy auprès d'une opinion toujours sous le choc du coup de tonnerre de New York. Mais tout démontre que le chef de l'Etat compte bien faire son miel de l'élimination surprise de son principal rival pour la présidentielle et des désarrois du PS pour se trouver un champion de remplacement.
La discrétion publique d'un Nicolas Sarkozy affichant de la «hauteur» face à une affaire qu'il juge «triste et atroce» contraste avec son regain d'activisme tous azimuts. Seul chef d'Etat européen présent ce week-end à l'intronisation du président ivoirien Alassane Ouattara à Yamoussoukro, il a pu apprécier les acclamations «merci Sarko !» inexistantes en France. Et ouvrir une nouvelle séquence internationale qui s'annonce riche en rendez-vous médiatiques dès le G8 de Deauville jeudi et vendredi prochains.
Sur le plan intérieur, il peut escompter aussi un regain de confiance avec un taux de croissance meilleur qu'annoncé et une poursuite d'une baisse légère du chômage, signes annonciateurs de la reprise économique annoncée depuis des mois.
Multipliant les visites de terrain au rythme de deux par semaine, il va aussi continuer de déléguer à la manoeuvre le fidèle Claude Guéant pour multiplier les déclarations incendiaires de nature à récupérer l'électorat du Front national.
Il serait certes imprudent de lier tous les événements de la séquence politique qui se profile à l'affaire Strauss-Kahn. Mais il est indéniable que l'arrestation de DSK marque pour Nicolas Sarkozy le top départ d'une opération reconquête pour gagner la présidentielle. La stratégie va certes évoluer avec des angles d'attaques désormais concentrés sur «l'amateurisme» de rivaux comme François Hollande, ou encore de façon allusive contre des socialistes qui n'ont de leçons de morale à donner à personne. L'objectif reste le même qui semble de nouveau atteignable pour le chef de l'Etat en quête de réélection.
Pierre Charon l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy lui prête cette formule fort adaptée à la situation politique actuelle: «Ce n'est pas le meilleur qui gagne, c'est celui qui reste accroché au rocher quand les autres dévissent». Nicolas Sarkozy croit aujourd'hui plus que jamais qu'il sera encore celui-là en 2012.