Sarkommence
Philippe Pétain, on y revient ! Oser comparer à une resucée de Vichy le discours démesuré, frénétique et fanatique du candidat Sarkozy aux abois, relève-t-il du point Godwin (1)? Nenni ! C'est relier ce qui en vaut, hélas !, la peine. C'est mettre au jour ce qui fut souterrain dans la droite française : elle se donna en dernier recours à Charles de Gaulle, mais resta toujours travaillée par le prurit “maréchaliste”. Désormais, avec son énergie du désespoir, déjà mortifère et bientôt liberticide si d'aventure elle volait (vers) la victoire, Nicolas Sarkozy, c'est la revanche de Maurras !...
Substituer une société d'ordres à la lutte des classes, stigmatiser les esprits forts – responsables de nos malheurs que seule la soumission de sujets passifs pourrait atténuer –, telle était la petite musique du régime de Vichy. Sur la question symbolique et cruciale du travail, l'État français avait transformé le 1er mai en “fête de la concorde sociale”. Nicolas Sarkozy, comme en écho : « Le vrai travailleur, c'est celui qui a construit toute sa vie sans rien demander à personne. »
Il est aisé de constater que le sixième président de la Ve République s'avère “raccord” avec certains documents d'archives de la “Révolution nationale”. Chacun pourra en juger à la vue de ce petit échantillonnage : ô navrante concordance des temps !...
(1)La loi de Godwin provient d'un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s'approche de 11. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu'il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Par extension, du fait de la polysémie du mot « point », des « points Godwin » sont parfois attribués à l'unité.