Roselyne Bachelot veut faire aboutir le chantier de la dépendance
Cette réforme coûteuse risque d'être reportée après 2012. La ministre de la Cohésion sociale entame la concertation cette semaine.
La réforme sociale la plus ambitieuse annoncée par Nicolas Sarkozy pour cette année est aussi la plus incertaine : celle de la prise en charge des personnes âgées dépendantes. A première vue, le calendrier est précis : le chef de l'Etat a annoncé des mesures législatives pour l'automne prochain. «Je souhaite la création d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale, le cinquième risque », a-il assuré en novembre. De quoi faire taire les sceptiques au sujet de mesures maintes fois reportées depuis 2007.
En réalité, les contours de la réforme restent flous. Roselyne Bachelot, la ministre de la Cohésion sociale qui pilote le chantier, a expliqué qu'une grande partie de la réforme pourrait se faire après 2012.
Une réforme très coûteuse
« Des premières mesures seront discutées pour adoption au Parlement à l'automne 2011. Mais il y aura certainement, à partir du débat [à venir], d'autres mesures structurantes. La question reste ouverte : est-ce que ces mesures seront suffisamment substantielles pour entraîner peut-être un texte de loi qui sera voté après la présidentielle ou est-ce qu'on pourra le faire dans le premier semestre de 2012 ? Voilà la question qui restera à trancher. »
Si le gouvernement hésite, c'est que la réforme est coûteuse -il faut trouver plusieurs milliards d'euros -et donc épineuse dans le contexte budgétaire actuel. Le président de la République a d'ailleurs évoqué l'éventualité d'un recours aux assurances privées, celle d'une hausse de la CSG des retraités ou encore celle du recours sur succession après le décès de la personne dépendante. Trois possibilités loin d'être consensuelles.
En attendant, quatre « groupes de travail thématiques » commenceront leurs travaux mi-janvier, des concertations auront lieu en région en avril, suivies de quatre « colloques interrégionaux » en mai ou juin. La ministre rencontre dès cette semaine plusieurs personnalités impliquées dans le dossier de la dépendance, dont François Chérèque (CFDT), Bernard Spitz (Fédération française des sociétés d'assurances) et Etienne Caniard (Mutualité française).