Retraites: «On ne peut mépriser ainsi tout un peuple»
Sylvie Archambault – Mariannaute 31/10/2010
Pour Sylvie Archambault, lectrice de Marianne2, tout le monde va payer le prix de cette réforme des retraites adoptée au forceps. Nicolas Sarkozy, bien sûr, mais aussi l'ensemble de la classe politique et médiatique.
L'inquiétant pour l'avenir de notre démocratie est quele prix à payer ne sera pas seulement pour Sarkozymais pour l'ensemble de la classe politique (ministres, députés et sénateurs) et médiatique qui a géré et commenté cette histoire sans un seul regard pour l'expression populaire, sans la moindre compassion pour la souffrance exprimée, sans le moindre intérêt pour les messages envoyés, sans le moindre discours pour ceux que cette réforme va amoindrir encore davantage : les femmes, les chômeurs, les jeunes.
Il était intolérable ce matin d'entendre Christine Lagarde, se félicitant de cette « réforme » qui serait « une bonne chose pour notre économie », un bon signe envoyé aux « marchés financiers » et « à l'étranger », et d'employer le seul mot de« casseurs » pour qualifier les mouvements sociaux de ces dernières semaines. À tel point que même le journaliste la rectifia en lui précisant que parmi eux, il y avait aussi des manifestants.
Cette « victoire » est une grande défaite pour notre démocratie, un signe évident donné à l'ensemble du peuple français de l'arrogance de l'oligarchie gouvernante à son égard. Sarkozy n'aura fait que déchirer un peu plus le tissu social de notre pays et élargi la fracture sociale.
On ne peut mépriser ainsi tout un peuple, on ne peut gouverner contre un peuple.
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