RETRAITES: LE PARI RISQUÉ DU POURRISSEMENT

Publié le par DA Estérel 83

CharenteLibre Jacques Guyon 04/10/2010

 

L'Elysée doit certainement décortiquer à la loupe deux sondages parus ce week-end: le premier indique que 71 % des Français approuvent la mobilisation de samedi contre le projet de réforme des retraites. Le second voit Nicolas Sarkozy battre un nouveau record d'impopularité avec 72 % d'opinions défavorables.

 

Ces deux indicateurs donnent une idée assez claire de la défiance générale de la population à l'égard de l'exécutif au-delà de la gestion d'une réforme que nombreux estiment indispensable, y compris dans les rangs syndicaux. Au lendemain de cette sixième journée de mobilisation, la question n'est pas de savoir si le mouvement protestataire progresse, stagne ou décroît. Mais bien d'essayer de comprendre quelles sont les marges de manoeuvre des uns et des autres dans un climat économique, social et politique considérablement dégradé.

 

Côté syndical, l'unité se cristallise essentiellement autour du refus obstiné de l'Elysée de lâcher du lest sous la pression de la rue. Une attitude paradoxale que critiquent désormais de plus ouvertement des barons de la majorité comme Jean-Pierre Raffarin pour qui le gouvernement doit faire preuve de «compréhension» et se trouver des «alliés» au-delà de son propre camp.

 

A partir de demain et jusqu'au 12 octobre, prochain rendez-vous de la mobilisation syndicale, des sénateurs de la majorité vont tenter d'humaniser et de border socialement le projet sans s'attaquer à ses fondamentaux. Mais il est loin d'être certain que ces modérés seront entendus par Nicolas Sarkozy qui jusque-là n'a pratiquement rien concédé aux syndicats, ignorant même la récente main tendue de la CFDT.

 

A l'Elysée, la feuille de route sur les retraites n'a pas varié d'un iota: boucler la réforme dans les meilleurs délais, remanier le gouvernement et se mettre en ordre de bataille pour la présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy mise sur la réelle division syndicale quant à la suite à donner au mouvement entre les radicaux (SUD et FO) en faveur d'une grève générale reconductible et la CGT et la CFDT qui ne croient guère aux chances de succès induits par une telle radicalisation.

 

Ce pari sur un pourrissement de la mobilisation peut se révéler très risqué pour le pouvoir dès lors qu'il affecte de sous-estimer avec superbe le fait incontestable que les syndicats ont déjà gagné une bataille fondamentale pour les prochaines échéances, celle de l'opinion.

 

 

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V
<br /> le petit machin s'est déjà permis tant de choses en disant plein de choses sur tout le monde et pas de réaction ! sauf Ségolène dont il a du reste tres peur car elle n'est pas achetable !!<br /> <br /> <br />
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