Retraites: et si le référendum était la meilleure des armes?
Gérald Andrieu - 23/09/2010
Les Français prendront la rue une deuxième fois aujourd’hui. Mais face à un gouvernement autiste, cette nouvelle mobilisation — quant bien même serait-elle reconduite — risque fort de déboucher sur une impasse. Reste une alternative : le référendum d’initiative populaire qu’a défendu ce matin sur l’antenne d’Europe 1, le « patron » du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Une solution qui n’a pas que des partisans dans l’opposition.
Ségolène Royal, elle, a fait sienne cette proposition, mais du côté du PS, on estime qu’il faut être « sérieux » et « crédible »sur les retraites, qu’il faut « respecter » le travail des parlementaires et celui des partenaires sociaux. En somme, ce qu’a répété, ce matin sur RTL, Martine Aubry.
Mais encore faudrait-il que le gouvernement sache lui-même faire preuve de respect dans ce dossier ? Le travail des parlementaires ? Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale, l’a foulé au pied en ne laissant pas le débat aller à son terme. Les syndicats ? Ce serait bien une nouveauté s’ils étaient entendus par le pouvoir en place. Les seules avancées qu’ils semblent avoir obtenues relèvent plus de la mise en scène de la supposée écoute dont sauraient faire preuve le gouvernement et son ministre du Travail, Eric Woerth : un peu de pénibilité par ci, un peu de départ en retraite anticipé pour les personnes handicapées par là.Personne n’est dupe : ces reculades n’en sont pas, puisque de toute évidence ces aménagements étaient prévus en amont…
Mais Martine Aubry fait valoir que « le référendum d’initiative populaire qui est prévu dans la Constitution n’a toujours pas donné lieu aux textes d’application ». Certes. Mais ce qui représente une faiblesse aux yeux de la Première secrétaire du PS (son caractère inapplicable) et peut-être, au contraire, une force. Le référendum d’initiative populaire devait être une des grandes avancées démocratiques de la révision constitutionnelle voulue par Sarkozy. User de cet outil qu’est le référendum, c’est justement rappeler que le chef de l’Etat n’a toujours pas fait voter les lois organiques. Et même si le référendum d’initiative populaire ne changera sans doute rien à la réforme des retraites, il permettra de marteler deux manquements de l’autiste de l’Elysée : il s'était engagé à conserver la retraite à 60 ans et à instaurer le référendum d'initiative populaire. Il supprime la première et néglige d'instaurer le second.