Quand Sarko louange Ségo : l’hommage du vice à la vertu
par Aristote
L’histoire ne dira jamais s’il voulait réellement que son off soit “craqué” par le journaliste du Monde. En tout cas, fidèle à sa façon de travailler, Philippe Ridet à bel et bien retranscrit ce off dans un papier passionnant à lire dans M, le magazine du Monde.
Ridet connaît bien Sarkozy. Depuis plus de 20 ans. Il a également suivi sa conquête victorieuse en 2007, avec la distance nécessaire et en a tiré un livre passionnant, à relire pour tous les amateurs “le Président et moi“. Voilà donc notre Philippe Ridet, discutant avec le candidat en marge d’un meeting à Nice, le 9 mars dernier. Il se confie ” je vais gagner la présidentielle et je vais t’expliquer pourquoi. Hollande est nul et ça va finir par se voir. Tu comprends, on peut dire ce qu’on veut mais Royal, elle avait du charisme “.
Officiellement, ce off ne devait pas sortir mais Nicolas Sarkozy est bien trop fin connaisseur des moeurs politico-médiatiques pour ignorer que Ridet, professionnel exigeant, sortirait ce Off.
Et ce propos rapporté nous en dit long sur le candidat.
Dénigrer François Hollande et vanter Ségolène Royal, c’est évidemment tenter de semer le poison entre les deux ex-compagnons, ex-concurrents mais complices politiques depuis plus de 30 ans, une complicité et une complémentarité que rien n’a jamais réussi à rompre. Car au moment crucial, Ségolène Royal a toujours été là, loyale, et fidèle à François Hollande. Qu’il s’agisse de l’entre-deux tours de la primaire et ce soutien sans faille, formidable, qui lui donne un élan nécessaire pour remporter largement la compétition ou dans son attitude au cours de cette campagne. Admirable Royal. Tout le monde le reconnaît, même ses adversaires. La rehausser et le dénigrer, c’est tenter de casser cet accord majeur dans la dernière ligne droite. Peine perdue.
Mais ce propos rapporte dit aussi une vérité. Le mépris permanent de Sarkozy pour ses adversaires. Que ce soit en On ou en Off, le chef de l’Etat a toujours pêché par arrogance. Il le démontre à nouveau dans ces mots. La seule peut être qu’il redoutait s’appelait Ségolène Royal, tellement affaiblie par son propre camp en 2007 qu’elle n’a certainement pas pu donner sa pleine mesure dans ce duel.
En tout cas, ce charisme là est une réalité, reconnue par Sarkozy qui n’a jamais caché sa fascination pour le courage et le culot de son ex-rivale. L’hommage du vice à la vertu en quelque sorte. Les mystères de l’histoire étant insondables, qui sait si ces deux là, qui semblent poursuivre leur bataille années après années, ne se retrouveront pas un jour pour un match retour, impossible en 2012. Nul ne sait ou les chemins nous mènent…
