Quand le remède est pire que le mal

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

On n'a décidément pas fini de parler de la grippe H1N1 ! Un peu plus d'un an après nous avoir annoncé un cataclysme sanitaire - catastrophe qui heureusement n'a pas eu lieu - on mesure aujourd'hui, rapport après rapport, la véritable déroute de la campagne de vaccination.

Selon la Cour des Comptes, auteur d'un rapport remis hier au Sénat, cette opération aura coûté entre 685 et 756 millions d'euros. C'est certes bien moins que ce qu'avait un temps estimé le président de la commission d'enquête sur ce sujet au Sénat -François Autain, sénateur PCF, avait parlé d'un coût de plus de 1,8 milliard d'euros - mais c'est quand même largement supérieur (de 137 à 208 millions de plus) à la facture que nous avait présentée le gouvernement sur la base d'une étude de la Direction générale de la Santé...

D'où vient un tel écart qui représente quand même un écart d'environ 30 % ? Deux hypothèses. Soit la DGS a cherché dans son rapport à épargner sa ministre qui croulait alors sous une avalanche de critiques. Soit cette Direction a des carences certaines en comptabilité publique. Carences rectifiées par la Cour des comptes qui n'omet pas, elle, de comptabiliser les vaccins qui ont finalement été donnés à l'OMS (ils avaient quand même été achetés auparavant...) mais aussi les achats massifs de masques de protection pour les agents de l'administration, ce dernier poste représentant à lui seul 39 millions d'euros !

Chaque Français vacciné aura donc coûté la bagatelle de 110 euros ! Une vraie gabegie car notre pays n'aura vacciné que 5,4 millions de personnes contre la moitié de la population en Suède, aux Pays-Bas ou au Canada...

A cela s'ajoute un prix des vaccins mal négocié par les pays européens qui n'ont pas su faire jouer la coordination entre eux. La France s'est en particulièrement illustré dans cette course à l'échalote. Le rapport montre comment le ministère, en voulant faire vite et fort, a finalement laissé les laboratoires dicter leur loi. Elle les a par exemple laissés imposer des conditionnements par doses de dix. Ce seul «détail» aura été facteur d'un énorme gaspillage: 2,7 millions de doses perdues... soit «la moitié environ de celles qui ont été effectivement utilisées».

Pourquoi le ministère s'est-il à ce point précipité alors que, comme le souligne le rapport, les experts étaient déjà convaincus que le virus allait débarquer très vite dans l'Hexagone et que la vaccination interviendrait de toute façon trop tard pour jouer son rôle de «barrière» ? Mystère.

Ce qui est clair, par contre c'est que cette affaire ne laisse pas qu'une ardoise difficile à digérer au moment même où on coupe dans les dépenses maladie à la hache. Elle a aussi des retombées psychologiques. On l'a vu avec le recul cet hiver du nombre de vaccinés contre la grippe «classique». En instillant le doute, ce magistral loupé fait mal, deux fois. Une fois à nos finances. Une autre à notre confiance.

 

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Publié dans Santé

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L
<br /> quant on a installé une gouvernance par les mensonges et la peur, on se retrouve avec des crises de confiance, drôle non ?<br /> <br /> <br />
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