Pulvar en plein conflit d'intérêts pro-Montebourg chez Ruquier ?
Plus que le clash avec Hondelatte, c'est la manière dont Audrey Pulvar a interrogé Ségolène Royal sur France 2 hier, qui intrigue bien des téléspectateurs.
Edité par Tristan Berteloot Auteur parrainé par Benoît Raphaël
Audrey Pulvar (AFP)
Un clash télévisuel divertissant peut cacher un vrai débat de fond. Tout téléspectateur un tantinet normalement constitué ne pouvait que se faire cette réflexion hier soir, en découvrant la dernière livraison de l'émission de Laurent Ruquier, On n'est pas couché, sur la Deux.
L'incident Hondelatte, très attendu, est amusant, pour ce qu'il dit du narcissisme des protagonistes en cause, de tous les travers médiatiques de notre moche époque, mais il n'est pas, en lui-même, porteur d'un problème déontologique que bien des commentateurs avaient négligé jusque là.
Hier encore, on a pu assister à un bien étrange spectacle : après Martine Aubry, Audrey Pulvar a interrogé Ségolène Royal avec une virulence étonnante. Virulence d'autant plus étonnante que nul ne peut ignorer qu'elle est à la ville la compagne de l'un des prétendants en lice dans la Primaire socialiste (et radicale), Arnaud Montebourg.
À tort ou à raison, il semble qu'il était compliqué, difficile et ardu de ne pas établir la connexion Pulvar/Montebourg lorsque l'on assistait au spectacle d'hier soir.
À tort ou à raison, la journaliste paraissait parfois suspecte de reprendre à son compte des éléments de langage tout droit sortis de la cellule "argus" (NB : "argus", pour arguments) de la direction de campagne d'Arnaud Montebourg, le tout sur un ton de procureur inflexible : sur la dette, sur les impôts, sur le social, sur les questions de société, sur le féminisme... Ç'en était troublant...
À tort ou à raison, il suffisait de se promener sur le site d'échanges instantanés Twitter pour constater que bien des téléspectateurs en mode "live tweeting" de #onpc (hashtag de l'émission sur Twitter) se montraient tout à la fois perplexes, sévères, indignés... Et une formule de revenir souvent : conflit d'intérêts.
Jugez-en (extrait direct et éclairant sur la question du féminisme, symbole de la tonalité globale des échanges avec Ségolène Royal) :
Il y a de cela quelques mois, lorsque la liaison fut rendue publique, il était légitime de s'interroger sur l'empressement des médias employeurs d'Audrey Pulvar à la reléguer loin de toute couverture réelle de l'actualité politique générale. C'était trop. Et surtout, les risques de conflit d'intérêts étant plus que limités, voire inexistants, cet excès de zèle paraissait quelque peu inopportun, voire inapproprié.
Voilà pourquoi, dans un premier temps, il était sympathique de voir France 2 offrir à Audrey Pulvar un espace à sa mesure au sein de l'émission de Ruquier, d'autant qu'il était annoncé que la politique en serait absente, rendue aux vraies émissions d'actualité dont c'est la vocation première. Mais la présence de deux invités politiques majeurs, acteurs éminents de la Primaire socialiste, dès le début de cette nouvelle saison politique, et l'agressivité manifeste d'Audrey Pulvar envers eux, particulièrement Ségolène Royal, ne peut que modifier l'appréhension du problème. D'injustement éloignée de tout, Audrey Pulvar se retrouve en première ligne dans la primaire socialiste, profitant de la tribune offerte par une émission grand public, bref, potentiellement en plein conflit d'intérêts. Et pire encore, par son comportement, ses questions, ses angles d'attaque, elle s'expose au feu des critiques sans y prendre garde.
Notez bien que l'on se contente ici de soulever la question, rien de plus, rien de moins. Nous posons sur cet espace une problématique sans avoir la prétention de fournir la solution clés en mains. Suivant la formule consacrée : c'est à chacun de juger selon les vues qui sont les siennes. Point.
On citera cependant, en guise de conclusion, une saillie relevée hier sur Twitter, émanant d'un fervent soutien de François Hollande, car cette saillie, à elle seule, montre l'existence du problème : "Quand @fhollande fera #onpc, je réclame le remplacement de #Pulvar par Bernadette Chirac".