PROCÈS CLEARSTREAM - Villepin craint l'hypothèse d'"un tribunal d'exception"
10/09/2010
Dominique de Villepin a prévenu, vendredi, qu'il réagirait "extrêmement vigoureusement à la constitution d'un tribunal d'exception" pour son procès en appel dans l'affaire Clearstream, alors que la justice envisage d'en confier la charge à trois juges spécialement choisis.
"Je réagirais extrêmement vigoureusement à la constitution d'une cour spéciale, d'un tribunal d'exception qui constituerait un véritable déni de justice", a déclaré l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac devant des journalistes en marge d'un déplacement dans le Maine-et-Loire. "Nous serions en présence de quelque chose de scandaleux dans un État de droit", a insisté le président de République solidaire (RS). Il a rappelé qu'en première instance cette affaire de dénonciation calomnieuse avait été jugée par la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris et qu'en appel "la règle veut que l'on saisisse la 11e chambre" de la cour.
"Je veux être jugé selon les règles de la justice ordinaire"
"J'ai pu mesurer à quel point Nicolas Sarkozy a instrumentalisé l'ensemble de ce dossier. Je sais dans quelle circonstance c'est à l'Élysée que la décision d'appel a été prise et imposée au procureur de Paris Jean-Claude Marin", a encore affirmé M. de Villepin. "Je n'accepterai pas de nouvelles manipulations dans le dossier et, comme tout citoyen, je veux être jugé selon les règles de la justice ordinaire", a-t-il ajouté. Interrogée vendredi par l'AFP, la première présidence de la cour d'appel a confirmé que la désignation d'une chambre composée de trois juges spécialement choisis pour l'occasion était envisagée pour le second procès Clearstream. Mais "rien n'est encore arrêté", a-t-on précisé de même source.
Le 28 janvier 2010, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Dominique de Villepin, jugé innocent des faits de "complicité de dénonciation calomnieuse" qui lui valaient d'être poursuivi dans cette vaste affaire de manipulation visant plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy. Le lendemain, le parquet avait décidé de faire appel du jugement, ouvrant la voie à un nouveau procès début 2011. À l'issue du procès à l'automne 2009, le procureur avait requis 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende à l'encontre de l'ex-Premier ministre.
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Comment peut-on accepter dans notre pays que la justice courbe l'échine à ce point face au pouvoir Sarkozyste ?
Il ne reste plus qu'à confier l'instruction du procès en appel au procureur Courroye, gage d'indépendance s'il en fut...
Que se passera-t-il à la Libération (en 2012) lorsqu'il faudra juger les partisans zélés de ce pouvoir, sourds aux lois et aux valeurs républicaines de justice et d'équité ?