Primaire du PS : les six candidats à la loupe
C'est parti: avec la clôture du dépôt des candidatures mercredi, la primaire socialiste est officiellement ouverte. L'hypothèse Dominique Strauss-Kahn, un temps agitée dans les médias après les rebondissements de la procédure judiciaire américaine, a été aussi vite balayée. Au final, six candidats s'affronteront pour l'investiture du PS jusqu'au vote prévu le 9 octobre, puis le 16 en cas de second tour.
Deux d'entre eux, Martine Aubry et François Hollande, font figure d'archi-favoris. Mais avec une primaire ouverte (moyennant 1 euro), le résultat reste bien difficile à prévoir, comme l'a rappelé l'investiture d'Eva Joly chez les écologistes. Là aussi, tout dépendra du corps électoral -plus il sera large, plus la surprise pourra être grande-, et de quel type d'électeurs les socialistes parviendront à mobiliser.
Etat des lieux de chaque prétendant, ses forces, ses faiblesses et ses soutiens.
Aubry, la chef de parti en candidate légitime
La photo devait tout résumer: mardi, la désormais ex-première secrétaire a présenté à la presse son équipe de campagne à Paris, mais pas tout près de Solférino, dans un musée -comme pour sa déclaration de candidature à Lille-, et entourée de ses «amis», extérieurs aux écuries traditionnelles du parti. Son équipe de campagne, plus de 80 personnes, prévoit des «duos» thématiques avec un socialiste, parfois très jeune, comme le député Olivier Dussopt qui sera un de ses porte-parole avec Anne Hidalgo, et une personnalité de la société civile.
Au tableau de chasse: le généticien Axel Kahn, l'économiste Daniel Cohen, l'ex-président de l'Agence de l'environnement Ademe, Pierre Radanne, l'ancien ambassadeur nommé par Sarkozy, Jean Christophe Rufin, ou encore l'ancien président de la Ligue des droits de l'homme Henri Leclerc (également avocat de DSK dans l'affaire Tristane Banon)... Aubry a même joué de la touche people avec l'actrice Sandrine Bonnaire, le marcheur médaillé Yohann Diniz, ou la réalisatrice Yamina Benguigui.
Bref, une équipe qui «ressemble à la France», veut croire Aubry, qui s'est bien gardée d'afficher dans l'organigramme les chefs à plume qui la soutiennent comme Delanoë, Fabius, Cambadélis ou encore Hamon. «Ils travaillent déjà avec nous», explique Aubry, qui veut éviter d'apparaître comme la candidate de l'appareil. Même s'ils seront de fait associés aux décisions dans un conseil politique qui ne dit pas son nom.
– Avantages Pour ses partisans, la cause est entendue: Aubry, c'est la compétence, le travail collectif à la tête du PS qu'elle a su mettre sous sa coupe malgré ses fortes individualités, et l'expérience ministérielle. «Elle est la seule dont on est sûr qu'elle est capable de tenir la barre en temps de crise», veut croire l'un de ses conseillers. Femme de culture, elle conserve de bonnes relations avec les autres partenaires de gauche, notamment avec l'écolo Cécile Duflot ou la communiste Marie-George Buffet, et a bien pris soin de ne jamais dire de mal de Jean-Luc Mélenchon. Enfin, elle a montré à Lille qu'elle pouvait aussi s'allier avec le MoDem.
Sur le fond, en tant que chef d'orchestre du projet socialiste (lire notre «crash-test»), elle représente la garantie qu'il n'y aura pas de hiatus entre le programme du candidat et le travail collectif du PS, qu'elle a animé au travers de conventions et de forums deux années durant. Reste à savoir si elle va s'en démarquer, ce que feront tous ses concurrents.
– Inconvénients «Avec Martine, il n'y a pas beaucoup de place pour la surprise, c'est classique de chez classique...» Même l'un de ses proches semble conscient des qualités mais aussi des défauts de la méthode Aubry. A travers elle, c'est un peu Jospin qu'on ressuscite: même façon de concevoir la réflexion du parti, rénovation interne tenant compte du poids des barons socialistes, répulsion à se mettre en avant médiatiquement, attitude ambivalente vis-à-vis de ses soutiens de son aile gauche comme de son aile droite, sans que l'on sache vraiment au final vers où elle penche, entre son «profil social» et son «amitié avec les patrons».
L'ambiguïté d'Aubry a d'ailleurs été récemment mise en avant par la décision du BN du parti socialiste de ne pas sanctionner Jean-Noël Guérini et la fédération des Bouches-du-Rhône malgré le rapport au vitriol d'Arnaud Montebourg. Guérini va donc logiquement soutenir Aubry.
– Soutiens A l'intérieur du parti, elle est clairement celle qui rallie le plus grand nombre de «chefs à plumes» et de députés. Derrière elle, des strauss-kahniens comme Jean-Christophe Cambadélis et Christophe Borgel ; des rocardiens comme Michel Destot, Alain Richard ou Catherine Tasca ; des barons locaux comme Jean-Noël Guérini ; mais aussi des éléphants comme Laurent Fabius, Bertrand Delanoë ou Henri Emmanuelli et l'aile gauche du PS autour de Benoît Hamon. Par l'entremise de ce dernier, Aubry peut enfin compter sur les militants mobilisés des réseaux jeunesses du parti (MJS, Unef, UNL...), afin de mener une campagne active.
Hollande, l'homme d'appareil sans l'appareil
Mardi, quelques heures avant Aubry, l'ancien premier secrétaire avait lui aussi organisé son raoût de candidat, mais en jouant une toute autre partition. A deux pas de Solférino, à la Maison de l'Amérique latine, dans une salle surchauffée, pleine d'élus locaux socialistes (beaucoup d'hommes grisonnants), avec un pupitre pour un discours carré de présidentiable, Hollande a de nouveau déroulé ses arguments, élaborés depuis de nombreux mois, avec la priorité à la jeunesse, le «rêve républicain», la réforme fiscale, un «bon président» pour la France...
Son équipe de campagne est beaucoup plus classique que sa principale concurrente: il a fait place nette pour mettre en valeur ses deux plus belles prises, avec Pierre Moscovici en «coordinateur de campagne» et Vincent Peillon pour le fond. Le fidèle parmi les fidèles, Stéphane Le Foll, amer, est rétrogradé à l'animation de la campagne, en en gardant une certaine amertume. Pour le reste, on retrouve soit un grand nombre des soutiens de Royal en 2006 (François Rebsamen, Michel Sapin, Gérard Collomb, Jean-Marc Ayrault, Vincent Peillon ou Aurélie Filipetti), soit des strausskahniens proches de Moscovici, comme Marisol Touraine.
Hollande reste ainsi sur sa ligne: s'appuyer sur l'appareil socialiste, qu'il maîtrise à la perfection après 11 années passées à sa tête, et revêtir les atours du candidat à la présidentielle, habité de son rôle et de sa fonction, pour provoquer la «rencontre avec les Français», cruciale pour une élection de ce type. Le député et président du conseil général de Corrèze est d'ailleurs déjà parvenu à réaliser une prouesse à laquelle pas grand-monde ne croyait lors de son entrée en campagne, depuis sa ville de Tulle: crédibiliser sa candidature, alors même qu'il y avait renoncé dans des conditions idéales en 2006.
– Avantages «Il est comme habité, il a une foi inébranlable en son destin», avoue mi-bluffé mi-inquiet un de ses proches. En outre, son souhait de personnaliser la campagne, en faisant une tournée de meetings au contact des militants (un exercice qu'il maîtrise comme personne au PS), en parvenant à faire vibrer les gazettes autour de son régime et de sa nouvelle coiffure, ou en maniant l'humour avec talent, tout cela correspond plutôt bien à l'élection présidentielle. Tout comme la solide complicité qu'il entretient avec de nombreux journalistes, au gré de multiples invitations à déjeuner durant ses dix ans à la tête du parti. Enfin, «l'empêchement» de DSK lui ouvre un espace du côté de la social-démocratie de centre gauche, voire du centre, voire du social-libéralisme.
– Inconvénients Bien qu'il soit parvenu à s'en détacher en prenant du recul, Hollande reste l'homme de la mort annoncée du PS, gérée à coup de synthèse molle et d'appuis sur les barons locaux, sanctionnée lors du congrès de Reims. D'ailleurs, il continue à recruter des élus autour de lui en leur promettant de ne pas appliquer la règle du non-cumul décidée par le PS en 2009. Aujourd'hui, la stratégie du «candidat normal», imaginée pour se distinguer de Strauss-Kahn, tend à devenir contre-productive. «Il va falloir se séparer de ce truc, ça fait vraiment pas rêver», glisse un proche.
Son positionnement comme candidat réaliste ne faisant pas de fausse promesse suffira-t-il à emporter le morceau? Sur le fond, s'il est plutôt parvenu à se faire identifier comme le candidat de la réforme fiscale et voulant s'occuper en priorité de la jeunesse, les propositions concrètes ne sont pas encore pléthore (voir son débat avec Thomas Piketty sur Mediapart). Il souffre aussi d'un déficit de personnalités dans son entourage.
– Soutiens Avec la mise hors course de DSK, Hollande est parvenu à convaincre «pied à pied», selon son entourage, Pierre Moscovici et Vincent Peillon de le rejoindre. Un ralliement bienvenu alors qu'il s'appuyait jusque là sur de nombreux élus locaux et une majorité de sénateurs, mais sans grande envergure nationale. Le Corrézien d'adoption peut aussi compter sur François Rebsamen qui a déjà fait une campagne de primaire pour Ségolène Royal et sur Michel Sapin qui a déjà été ministre du budget. Pour le reste, ce sont surtout ses fidèles de toujours quil'entourent et le conseillent depuis novembre, comme ils l'épaulaient du temps où il tenait Solférino: Bruno Le Roux, Kader Arif, Stéphane Le Foll, Faouzi Lamdaoui.
Royal, l'aventure c'est l'aventure
De tous les candidats en lice, elle est la seule à avoir l'expérience d'une élection présidentielle, et même la seule à avoir celle d'une primaire. Après une traversée du désert assumée comme telle, fin 2008/début 2009, après sa défaite vécue comme une injustice lors d'un congrès de Reims entaché de fraudes de toutes parts, Ségolène Royal est finalement bien présente au rendez-vous, contrairement à ce que beaucoup présageaient il y a encore quelques semaines. Restée en embuscade l'année dernière avant de bousculer le calendrier et de se présenter en novembredernier, elle a relancé sa campagne depuis le Marais poitevin, avant de multiplier les déplacements. Encouragée par la victoireà la primaire écolo d'Eva Joly, elle espère plus que jamais réaliser la surprise malgré les prédictions contraires des sondages et des observateurs.
– Avantages Plus que n'importe quel autre politique, Royal est celle qu'il convient de ne jamais enterrer. Forte d'une détermination inébranlable, la présidente de Poitou-Charentes a fait de sa région un laboratoire, certes à échelle très réduite, de sa volonté politique, notamment en matière de démocratie participative et d'environnement (lire notre série d'enquêtes). Bien que les moqueries sur son inconstance demeurent chez nombre de ses camarades, et que la plupart de ses soutiens chez les cadres du PS l'aient quittée, Royal est toujours capable de rebondir. Comme en 2008 quand elle était arrivée en tête du vote des motions au congrès de Reims.
Lâchée par l'appareil? Elle n'en a cure, certaine de parvenir à convaincre nombre de votants dans un scrutin ouvert à tous les Français, dont elle ne se lasse pas de répéter qu'ils étaient 17 millions à l'avoir choisie au second tour de la présidentielle de 2007. Pour autant, elle a décidé de jouer l'unité du parti cette fois, plutôt que le contournement, en participant aux conventions et forums socialistes. Sa force, estiment ces proches, c'est de pouvoir «parler à un public, notamment chez les jeunes et dans les quartiers populaires».
Dimanche, elle a annoncé placer sa campagne sous le signe de «l'ordre social juste». Enfin, ses intuitions et ses «coups politiques» peuvent s'avérer décisifs dans une telle campagne...
– Inconvénients Toutefois, ses intuitions et ses coups peuvent parfois tourner à l'«improvisation» malheureuse (quand elle s'excuse officiellement et à répétition auprès de pays étrangers pour le comportement de Sarkozy, ou qu'elle révise totalement et maladroitement sa stratégie internet pourtant pionnière, ou en soutenant BHL dans une tribune au Monde après sa mésaventure botulienne). Un sentiment d'improvisation qu'elle a reconnu lors de son discours d'Arçais dimanche, assurant avoir «changé».
Depuis 2007, son leadership s'est érodé et les sondages qui la portaient alors la situent loin derrière aujourd'hui. Ses soutiens intellectuels et politiques l'ont peu à peu délaissée, donnant parfois l'impression de manœuvrer dans l'agenda politique dans un esprit commando, dépourvu de moyens financiers. Enfin, son attachement au drapeau français, encoreexprimé récemment aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, en déroute plus d'un. Qu'importe, Royal propose, parfois de façon iconoclaste, au gré de l'actualité et des événements.
– Soutiens Parmi les cadres du PS, ils ne sont plus qu'un petit cercle de fidèles, et elle s'est peu à peu départie de tous les barons qui jusqu'ici pouvaient troubler son message modernisateur (les fédérations de l'Hérault et des Bouches-du-Rhône, ou le maire de Lyon, Gérard Collomb). Dans le premier cercle, l'on retrouve les anciens mitterrandiens Jean-Louis Bianco ou Dominique Bertinotti, ou les jeunes pousses Najat Vallaud-Belkacem, Delphine Batho ou Guillaume Garot.
Enfin, et c'est peut-être le plus important pour la primaire qui s'annonce, Royal peut compter sur son armée militante de Désirs d'avenir, entièrement dévouée et parfaitement configurée pour le travail de conviction sur le terrain. Ils sont aujourd'hui estimés entre 7.000 et 10.000 adhérents à faire dans le «militantisme du bouton de veste»...
Montebourg, l'outsider à la gauche du parti
Souvent taxé de chevalier blanc au parti socialiste, le député et président du conseil général de Saône-et-Loire devrait cette fois-ci parvenir à postuler à la primaire du PS. En 2006, il n'était pas parvenu à obtenir le soutien nécessaire de 35 conseillers nationaux. Cette fois-ci, il est parvenu à tout juste atteindre les 100 parrainnages de conseillers généraux et régionaux, aidé par six élus soutenant Martine Aubry mais ne souhaitant pas le voir exclu de la course. Après un meeting sur la démondialisation à Paris, il espère perturber l'ordre établi chez les socialistes.
– Avantages Montebourg est le seul à marquer une ligne idéologique franchement différente des autres candidats, privilégiant la démondialisation et le capitalisme coopératif (et une centaine d'autres idées, publiées dans son livre Des idées et des rêves). Egalement seul parmi les prétendants socialistes à défendre la priorité d'une VIe République, il occupe l'espace de la gauche du PS, laissé libre par le soutien de Benoît Hamon et ses troupes à Martine Aubry.
A bientôt 50 ans, l'ancien «jeune lion» franchit enfin le Rubicon pour prolonger la rénovation qu'il défend avec peu de succès en interne depuis dix ans, après avoir échoué dans le PS avec le courant Nouveau parti socialiste aux côtés de Peillon et Hamon de 2002 à 2005, puis soutenu Royal en 2006, puis Aubry en 2008. Ancien noniste au référendum européen, il a récemment côtoyé Jean-Luc Mélenchon lors d'un soutien commun à un candidat jurassien des cantonales. Enfin, il continue à combattre ce qu'il nomme «une dérive affairiste du PS» dans les Bouches-du-Rhône, et croule sous les plaintes en diffamation de Jean-Noël Guérini, ainsi que sous les réprobations de ses camarades, après avoir été le seul au bureau national à ne pas voter le rapport d'enquête mené par Alain Richard.
– Inconvénients Marginalisé au sein du PS, où ses effets de manche jugés moralisateurs (sur l'affaire Woerth quand il demande au parti de saisir la justice, puis lors de sa récente croisade contre Guérini), agacent. L'ancien avocat puis député héraut du mandat unique, il est aussi devenu depuis un président de conseil général cumulard (mais l'assumant politiquement), ce qui lui vaut les sarcasmes de ses anciens camarades. Aujourd'hui, malgré une certaine estime gagnée auprès des amis de Benoît Hamon, il ne parvient pas pour l'heure à percer le mur de l'indifférence médiatico-sondagière.
– Soutiens Son équipe de campagne résume bien l'originalité de la candidature Montebourg. En directeur de campagne, Aquilino Morelle, ancienne plume de Jospin, énarque atypique respecté et spécialiste de la santé. En porte-parole, Sihem Habchi, présidente de Ni putes ni soumises, dont on se demande comment peuvent tourner les débats sur la laïcité avec Christiane Taubira, la Guyanaise ancienne candidate à la présidentielle de 2002, également dans le staff de Montebourg.
L'on retrouve aussi Géraud Guibert, qui anime le pôle écologique du PS, le web-entrepreneur Benoît Thieulin, qui pousse à reproduire les stratégies internet de Barack Obama, l'ancienne ministre de la jeunesse et des sports de Mitterrand, Frédérique Bredin, ou l'architecte Roland Castro. Il a également reçu le soutien d'intellectuels critiques comme Emmanuel Todd, qui a préfacé son dernier petit ouvrage Votez pour la démondialisation. Il affirme enfin avoir recruté 4.000 «volontaires» et entend mener une campagne très inspirée de celle d'Obama (jusqu'à approuver ses propres messages électoraux)...
Manuel Valls, candidat de l'aile droite et de la sécurité
Clairement, le député et maire d'Evry joue la carte du renouvellement et de la «modernité» tout en prétendant porter un bout de la croix du strausskahnisme. Peut-être conscient de sa difficulté à incarner le «candidat droitier» d'une primaire ouverte aux sympathisants de gauche, il fait toutefois fait attention à ne pas insulter l'avenir, en adressant un brevet de légitimité à Martine Aubry. La même avec laquelle il avait violemment correspondu à l'été 2009, à propos de la mort du PS, avant de poser dans El Pais un sparadrap sur la bouche.
En février dernier, il avait toutefois accepté de mener la réflexion du parti sur les institutions (en défendant le présidentialisme). En participant à la primaire, Valls souhaite faire entendre sa voix, notamment sur les questions de sécurité, défendant la lignée de Clemenceau plutôt que celle de Jaurès. Après l'avoir pourtant voté, il a récemment critiqué le projet socialiste, affirmant «ne pas croire» aux «trois cent mille emplois jeunes» ni à "un retour à la retraite à 60 ans" promis par le texte.
– Avantages Il est le plus jeune des postulants, et entend capter un électorat lassé des attermoiements du PS face aux questions de sécurité et de laïcité, osant réellement affronter les problèmes (même s'il apporte une solution peu compatible avec les principes socialistes). D'autre part, il est le seul maire d'une ville de banlieue et bénéficie d'un accès privilégié aux médias, friand de son parler vrai et de son individualisme perturbateur de collectif socialiste. Occupant le créneau délaissé par Jean-Marie Bockel, il conserve une aura bien particulière, liée à son positionnement assumée à la droite du PS. Enfin, s'étant soigneusement mis à l'écart des courants socialistes lors des précédents congrès, annonçant souvent qu'il allait se compter avant de finalement renoncer, il apparaît comme neuf dans le jeu de quilles socialiste. Enfin, il a de fortes chances de recueillir les suffrages des électeurs de droite qui seraient tentés de participer à la primaire.
– Inconvénients Son caractère d'iconoclaste diviseur risque de jouer contre lui, face à des sympathisants reprochant souvent au PS de ne jamais sortir des bisbilles. Relativement inconstant, il avait notamment soutenu le Non au référendum interne du PS sur la constitution européenne, avant de défendre le Oui au référendum national, sa stratégie du coups d'éclat permanent lui donne mauvaise réputation chez les militants de gauche. Alors qu'il pourrait tirer bénéfice de sa bonne implantation dans la ville populaire d'Evry (où il a été réélu en 2008 à plus de 65%), sa sortie sur le marché où il souhaite «plus de blancs, de white, de blancos» l'a un peu plombé. Enfin, Valls souffre d'un déficit de soutiens à l'intérieur du PS, où il compte essentiellement des relais dans la fédération de l'Essonne, même s'il est loin d'y être majoritaire.
– Soutiens Son équipe de campagne se veut métissée et entend porter le renouvellement politique. On y trouve Pierre Tambourin, directeur du Génopôle d’Evry, Natalia Baleato, directrice de la crèche «Babyloup» de Chanteloup-les-Vignes (qui a récemment fait la Une de l'actualité pour avoir licencié une employée refusant d'enlever son foulard islamique), Zohra Bitan, fondatrice de l’association Ma 6T va changer, Thomas Chadoeuf-Hoebeke, Maire de Tarare (Rhône), Ali Soumaré, conseiller régional d’Ile de France et Luc Carnouvas, premier secrétaire fédéral PS du Val de Marne et vice-président du Conseil général du Val de Marne.