Primaire au PS : et si tout était joué ?
Après la rumeur d’un renoncement de Martine Aubry à la course primaire, les soupçons de scénario écrit d’avance pour favoriser Dominique Strauss-Kahn s’accentuent.
Y aura-t-il une vraie primaire pour désigner le candidat socialiste à l’élection présidentielle? Si de nombreux Français, et pas seulement parmi les sympathisants de gauche, se posent la question, c’est que le spectacle offert par le PS peut les laisser perplexes. Tout se passe en effet comme si le scénario était déjà écrit.
Comme si le scrutin prévu pour octobre devait déboucher inéluctablement sur la consécration de Dominique Strauss-Kahn, déjà roi des sondages.
Les actes de la pièce? C’est d’abord unFrançois Hollande attaqué par les siens pour avoir osé… se lancer en campagne.
Un crime de lèse-DSK! C’est ensuite Ségolène Royal, marginalisée au point de ne plus être considérée comme une candidate sérieuse par sa famille politique. C’est enfin, avant-hier, Martine Aubryqui aurait confié sa décision de renoncer à « y aller ». Accréditant par cette vraie-fausse confidence qu’il y a bien, comme ce fut raconté à l’été 2008, un « pacte de Marrakech » liant les deux ténors du parti : « Si tu y vas, je n’irai pas », se seraient alors promis Aubry et DSK.
Problème, un tel pacte, qui offre une prime au mieux placé dans les sondages, tue dans l’œuf le principe même de la primaire. Privant le peuple de gauche d’un match Barack Obama-Hillary Clinton (ou plus modestement Romano Prodi contre le reste de la gauche italienne) à la française. Il ne s’agirait plus de départager des candidats, des idées, des projets et des sensibilités, mais de confirmer un champion dans une simple primaire « de ratification ».
D’imposer, au nom de l’efficacité, celui qui apparaît le plus à même de gagner ce scrutin de 2012 que le PS juge « imperdable ».
Seulement voilà, les Français n’aiment guère les matchs joués d’avance. Ils risquent, du coup, de bouder une primaire pour laquelle les socialistes espèrent un minimum d’un million de participants.
A moins qu’une surprise Hollande, un come-back de Royal voire une rebuffade d’Aubry ne contrecarrent le scénario DSK…