Premier cadeau de campagne: Sarkozy promet de ne pas relever la TVA à 5,5% dans la restauration
C’est sa première promesse de campagne. Lors d’un déplacement sur le tourisme au Cap d’Agde, Nicolas Sarkozy a promis de ne pas revenir sur la baisse de la TVA dans la restauration. Fixée à 5,5%, elle coûte chaque année 3 milliards d’euros au budget de l’Etat. « Il n'est pas question de revenir sur une mesure économique qui a produit des effets. C'est un engagement que je prends », a déclaré le chef de l’Etat, lors d’une table ronde. Sarkozy au Cap d'Agde. « Pourquoi voulez-vous, après nous être tant battus pour l'obtenir, qu'on change ? », s'est interrogé M. Sarkozy, tout fier d’avoir honoré une promesse que son prédécesseur Jacques Chirac n’avait pas pu tenir. « La profession a tenu ses engagements, tous les rapports le montrent. Vous vous étiez engagés à 30 000 créations d'emplois. Vous avez fait 40 000 emplois », a prétendu M. Sarkozy. Selon le rapport d’octobre 2010 du sénateur Michel Houel, la mesure coûte 2,4 milliards d’euros : 3 milliards de pertes de recettes de TVA auxquels il convient de soustraire la suppression de 600 millions d’euros d’aide. A cette aune, chaque emploi créé coûterait 60 000 euros au moins. La mesure intervient alors que le chef de l’Etat a envoyé à tous les parlementaires une lettre les exhortant à poursuivre l’assainissement des finances publiques françaises.
Peu importe, M. Sarkozy est en campagne auprès de ces professionnels, souvent artisanaux, du tourisme. « Si j’avais à résumer, vous ne me demandez qu’une seule chose : laissez-nous travailler », a conclu le futur candidat de l’UMP. On a défendu le travail le dimanche, vanté la défiscalisation des heures supplémentaires et beaucoup critiqué l’administration. « Parfois, il peut arriver à l’administration de se trouver dans des positions caricaturales », assure M. Sarkozy, qui réitère son idée de renverser un principe du droit administratif, de sorte que le silence de l’administration vaille approbation et non pas refus.
Pour faciliter la vie des professionnels du tourisme, la France va expérimenter dans le département de l’Hérault, le guichet unique. On parle de tout. Nicolas Sarkozy veut sauver les platanes du Canal du midi, voit bien la contradiction qu’il y a à agir ainsi tout en se défendant d’être omniprésident. Mais au fond, le président aime cela, et son auditoire acquis aussi. Cette ode au travail mérite toutefois quelques piques aux défenseurs de l’environnement. M. Sarkozy recycle une de ses blagues habituelles, imaginant Louis XIV confronté à des associations de défense de l’environnement.« Versailles, ce n’était pas gagné ». Il défend les campings, installés avant la loi sur le littoral au bord de mer et qui furent autorisés à poursuivre son activité et fustige les défenseurs de l’environnement. « L’homme n’est pas un intrus dans la nature ».
Auparavant, le chef de l’Etat avait visité un centre aquatique couvert, qui permettra d’allonger la saison touristique. Devant les ouvriers, rien de neuf, vraiment. Pourquoi changer, alors que la stratégie commence à payer, si l’on en croit les sondages ? Alors, invariablement, le chef de l’Etat a conclu son petit discours en défendant sa réforme des retraites. « Je préfère affronter la mauvaise humeur et prendre mes responsabilités plutôt que de mentir et qu’on aille dans le mur. Vos retraites seront payées ». Le PS, lui, a promis de revenir à la retraite à 60 ans. A chacun ses promesses.
Arnaud Leparmentier