Poutine, encore et encore

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Vladimir Tchourov, président de la Commission électorale russe (TsIK) est connu pour sa devise: «Vladimir Poutine a toujours raison, même quand il a tort». A quoi bon dès lors mettre des bâtons dans les roues de son vieux complice lors d'élections qui, de scrutin en scrutin, confinent davantage à la farce sinistre. L'organisation des législatives d'hier a été réglée comme du papier à musique par des gouverneurs intégralement acquis au tandem Medvedev-Poutine du Kremlin et à son parti «Russie Unie» créé après la déliquescence des années Eltsine.

Les moins pessimistes espéraient encore un test, une sorte de sondage grandeur nature qui démontrerait à la fois la désaffection des Russes pour un débat politique inexistant et la baisse de popularité de Poutine. On saura très vite, mais sans aucune garantie d'exactitude des résultats, jusqu'à quel point les Russes ont voté avec leurs pieds, soit par l'abstention soit en accordant leurs votes à «l'opposition» tolérée. Sans que ces législatives ne risquent de troubler la cadence de la marche triomphale de Poutine pour rester le «tsar» de toutes les Russie jusqu'en... 2024 avec un mandat présidentiel renouvelable porté de quatre à six ans.

L'actuel président russe Dmitri Medvedev l'a récemment avoué publiquement: son élection en 2008 alors que Poutine ne pouvait pas constitutionnellement briguer un troisième mandat visait uniquement à permettre à ce dernier de garder la haute main sur le Kremlin pour y revenir ensuite officiellement. Avant même les législatives, Poutine a donc «accepté» de porter les couleurs de Russie Unie lors la présidentielle de mars prochain et déjà annoncé qu'il nommerait Medvedev pour le remplacer à la tête du gouvernement. Ce tour de passe-passe sur le mode Poutine encore et encore est à l'image d'une société soviétique déprimée et résignée face à une corruption active à tous les niveaux d'une administration tentaculaire.

La perspective réaliste de voir Vladimir Poutine rester aux commandes de la Russie post-soviétique pendant un quart de siècle porte déjà à Moscou un nom: la longue «stagnation» qui avait marqué le crépuscule de la gérontocratie soviétique sous l'ère Brejnev. Cette période avait débouché sur la perestroïka gorbatchevienne, l'effondrement de l'URSS et une décennie de capitalisme débridé et destructeur pour la majorité de la population. E

n l'absence de toute opposition audible et organisée, Vladimir Poutine incarne encore une stabilité politique rassurante pour l'étranger et une opinion russe craignant plus que tout un retour aux affres de la décennie 90. Pour combien de temps ?

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