Pourquoi Ségolène Royal terrorise une élite socialiste, et pas les militants

Publié le par DA Estérel 83

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L'attitude d'une frange , élargie, de l'élite du Parti Socialiste donne à réfléchir depuis 2007. Pourquoi un tel rejet?

L'individu Royal, objectivement, de par les fonctions exercées, les capacités intellectuelles, l'énorme travail de projet et de communication, l'assise populaire, l'ambition et la volonté, fait un candidat tout à fait acceptable pour un parti. Ce rejet quasi automatique et si général pose question.

En ce qui concerne les militants, la réponse est plus simple.

 Que désirent les militants? Dans leur plus grande majorité, ils veulent un leader qui les conduise à la victoire.

Ils ont leur jugement, influencé par les discours qu'ils acceptent, par la sensibilité affective ou intellectuelle que les courants du PS ont su éveiller chez eux.

En bref, les pro-Ségolène sont séduits par la Dame et les idées comme la méthode dont elle les propose ou les défend. D'autres sont mitigés, acceptant le bien-fondé des analyses, ou des projets, voire simplement la légitimité de la citoyenne, et du membre du parti, sans avoir la volonté de s'engager dans sa démarche.

Enfin, il reste ceux qui se contentent de supporter l'anti-ségolénisme de principe, pour des raisons qui leur appartiennent, que ce soit la reprise en boucle de la propagande sarkoziste, ou l'attachement à un chef ou un courant qui refuse Madame Royal, pour des raisons qu'on doit examiner.

Qu'attend donc cette élite d'un candidat, que Ségolène Royal n'offre pas?

C'est longtemps resté un mystère dans mon esprit, de même que cette lutte des chefs qui, tous, ne peuvent pas espérer accéder au secrétariat général du PS, ou à la présidence de la République, mais qui font comme ci, se démenant comme des diables pour réussir à exister, en nombre de militants, ou dans le corps électoral.

La réponse est assez simple.

Ségolène est ingouvernable.

Elle fait ce qu'elle veut en fonction des objectifs qu'elle s'assigne.

On ne peut pas négocier à l'avance en dehors d'un projet inscrit, qu'on doit tout faire pour le voir aboutir, or, ce qui caractérise le mieux la Dame, c'est la suite dans les idées, et l'obsession d'y arriver.

Elle ne s'embarrasse donc pas des individus, ce sera le meilleur, à la meilleure place. Pour arriver au but fixé.

Une logique de réussite.

On a pu voir dans l'expression du choix de DSK comme premier ministre un calcul destiné à blesser, ou à acheter le courant DSK.

En fait, il suffit d'aller tout droit dans le raisonnement.

Dans le cas où nous nous trouvons d'une crise financière aussi violente et dangereuse que celle qui frappe le monde en ce moment, quel meilleur premier ministre qu'un ancien directeur du FMI?

Surtout ancien ministre des finances dans un gouvernement de gauche.

C'est une mesure non seulement efficace, mais raisonnable au possible.

Le problème, avec Ségolène, c'est qu'elle est l'anti-sarkozy.

Il n'y a pas de place particulière pour les copains, et encore moins pour des alliés simplement intéressés à pouvoir occuper un poste, ou un ministère, en échange d'un soutien purement à des fins électorales.

Elle est tout à fait capable de se tourner vers d'autres partis, s'ils ont les compétences, ou la société civile, pour gouverner, et de choisir des scientifiques, et des techniciens. Son travail et ses activités autour de l'environnement, dans les régions, et à l'international a dû lui permettre de se constituer un bon carnet d'adresses.

Les politiciens de carrière n'ont rien à attendre de Ségolène, et on retrouve ici la haine, le rejet sans appel des pontes installés du parti, et des jeunes loups qui veulent y faire carrière.

Le problème de Ségolène, en politique, c'est que si l'on ne l'achète pas, elle n'achète pas non plus.

Le chemin de la primaire socialiste, par les militants lui est donc complètement ouvert. Eux n'ont pas ces problèmes, sauf leur quotidien, et la conviction que leurs idées l'amélioreront. Et elle l'a déjà parcouru, puisque ceux là, en dehors d'une très petite minorité d'enragés, ne voient pas pourquoi on ne jouerait pas le jeu démocratique à fond chez les socialistes.

C'est tout à fait autre chose pour une partie de l'élite aux commandes.

Et elle l'a déjà démontré à chaque fois qu'il a fallu se déterminer.

D'abord au congrès, en faisant basculer la majorité contre la sienne, c'est d'ailleurs en fait devenu contre elle, tellement on a évacué le vrai débat et les idées, qu'il a d'ailleurs bien fallu retrouver ensuite, puisqu'elles étaient les bonnes.

Ce fut comme on a dit, au prix du mariage de la carpe et du lapin. Mélenchon claquant la porte en expliquant largement sa façon de voir.

Ils l'ont à nouveau démontré aux élections du secrétariat général, en pire pour le sentiment démocratique militant, quand elle échouait pour quelques voix, alors que personne ne sait vraiment où se trouvait la majorité.

Et ils sont donc en passe de le démontrer aujourd'hui, au moment des primaires. Et la démarche a failli mourir dans l'oeuf, en plein début du travail d'organisation, par cet accord Aubry-DSK qui est peut-être intéressant pour l'élite, mais incompréhensible à la foule des militants.

Oui, décidemment, le problème socialiste de Ségolène, c'est qu'elle l'est socialiste, et qu'elle a une vision efficace de l'action à mener, et surtout, bien sûr, qu'elle est honnête.

Vous pensez bien que cela ne peut déranger aucun militant, mais pensez à tous ces organisateurs professionnels de coup fourré, qui n'auront que ce qu'ils méritent si elle gagne.

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Publié dans S.ROYAL

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<br /> excellente analyse, oui elle fait peur car on ne l'achète pas et elle n'achète personne !<br /> <br /> <br />
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