Pourquoi Sarkozy file droit vers la défaite

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

Par Dante 

Nicolas Sarkozy à Montpellier le 28 février 2012- cc UMP Photos

Nicolas Sarkozy à Montpellier - cc UMP Photos

Son seul programme, c’est lui. Et lui seul. Sa personnalité, la continuité d’une action, la force qu’il peut dégager.

Unique et seul argument de vente d’un président sortant car pour le reste, Sarkozy est à sec. Comme un arbre qui n’aurait plus été irrigue depuis longtemps. Un arbre rabougri qui n’aurait pas été greffé à temps. 

Multipliant les moulinets, les effets de communication sur des événements qui n’en sont plus depuis longtemps, le candidat UMP avance sur un chemin qui mène inéluctablement à la défaite.

La présentation de son programme en est la démonstration exacte. Un teasing incroyable, un suspens intenable et des propositions eau tiède qui sont bien loin de la créativité qu’il avait impulsé en partie en 2007. Ou est son convertisseur d’opinion, ce “travailler plus pour gagner plus” qui fut le vadémécum de la victoire ? Nulle part. Les héros sont fatigués et surtout déconnectés de leur époque.

Et c’est bien, derrière la pauvreté de ce programme, la plus grande inquiétude : comment peut-on, après 5 années de plein exercice, 17 ans de droite à l’Elysée, 10 ans de gouvernement et de suprématie à l’assemblée, être parfaitement incapable de concevoir une grille de lecture idéologique et de faire jaillir 4 ou 5 mesures concrètes qui permettent à la France de repartir économiquement et de retrouver, moralement le chemin de l’espoir. Car, outre le fait que ce programme est indigent et sa mise en scène prétexte à zigouiller le candidat socialiste, il est surtout terriblement déprimant, austère et désincarné.

Comment Sarkozy peut il en être arrivé la ? Sarkozy et toute la droite française ? Il manque à cette formation une bonne cure d’opposition, de celle qui vous oblige à vous réveiller. Il manque à cette droite une déroute telle qu’elle puisse se remettre en question et surtout au travail.

Nous ne nous plaindrons pas de cette panne idéologique car il est temps d’avoir droit à l’alternance. En revanche, nous constations à quel point elle est dangereuse car il ne faut jamais se réjouir de l’effondrement des partis démocratiques, effondrement qui appelle toujours l’élan des extrêmes.

Un programme qui dit tout de l’assèchement du président sortant et de son effort désespérer pour faire cette campagne. Car il connaît trop la musique pour ne pas savoir lire les sondages.  Si le premier tour peut apaiser son amour propre, le second ne lui laisse aucun espoir et il le sait, tant les ressorts de ce vote restent inchangés et inéchangeables surtout.

Entre hollande, Mélenchon, Joly, la gauche flirte avec les 46% et on ne voit pas, en l’état à actuel ce qui pourrait empêcher le raz de marée anti-sarkozyste du second tour. En ce sens, François Hollande a réussi à préserver pendant cette campagne interminable son profil rassembleur, de ceux qui n’effarouche pas le chaland et permet de recueillir le maximum de report pour éliminer un candidat insupportable à la majorité des Français.

Cette majorité silencieuse à laquelle Sarkozy veut faire appel et sur laquelle il croit pouvoir compter. Une chimère à laquelle il fait semblant de croire car il aime trop le combat pour ne pas combattre jusqu’au bout. Et se préparer, après sa défaite, un nouvel avenir… Politique.

En attendant, il nous sert ses mêmes mots, ses mêmes rengaines, ses mêmes muscles qui n’impressionnent plus vraiment… Et prend son week-end de pâques, ce qui est un signe. La campagne fait relâche pendant deux jours… Le citoyen lambda verra-t-il la différence ?

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Publié dans SARKOZY

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