Pourquoi Mohamed Merah n'est pas papy Voise

Publié le par DA Estérel 83

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Donc, tout se serait retourné ? Quelle curieuse ambiance, tout au long de cette journée de mercredi. En une journée, une apparition télé à Paris, une autre à Montauban, un grand rabbin, un président de mosquée, des obsèques dans une caserne, Sarkozy aurait repris la main ?

Curieuse ambiance d'amère sidération, parmi quelques amis et confrères, tous indiscutablement antisarkozystes, qui expliquent, ou écrivent, qu'« il » a tout de même été très fort, bien joué le coup, trouvé les mots qu'il fallait, ré-endossé le costume du « Président protecteur », etc.

On la retrouve, cette sidération, dans les éditos saluant le discours de Sarkozy à Montauban, comme dans la retransmission complaisante des confidences inquiètes de l'entourage de Hollande qui, à en croire France Inter ce jeudi matin, serait maintenant obligé de recentrer sa campagne sur le thème de la sécurité, toujours « glissant » pour le PS.

Le remake de papy Voise

En d'autres termes, à en croire l'omniscient peuple de la Bulle, ou une partie, ces heures de sidération suffiraient à faire oublier par magie chômage en hausse et pouvoir d'achat en baisse. Evanouis le quinquennat de promesses non tenues et le gouvernement des riches.


Papy Voise dans Paris-Match, 2002

Dix ans après, l'affaire de Toulouse serait le remake de papy Voise  2012, cette agression d'un vieillard d'Orléans. Et au fond de leur voix, une sorte de Schadenfreude , l'amère satisfaction d'avoir toujours eu raison, même en dépit de tous les sondages, tout au long de ces derniers mois, quand ils pensaient « qu'il se passerait quelque chose », et que Sarkozy, au fond, était imbattable.

Cette croyance sans faille dans le pouvoir magique d'une mise en scène télévisée témoigne, avant tout, d'un profond mépris pour le bon sens de l'électeur de base. Elle témoigne aussi d'une incapacité à penser autrement que par analogie, autrement qu'en se référant à des précédents, en l'occurrence cette affaire papy Voise, qui obsède encore les mémoires de gauche.

Un contexte différent de 2002

Et cette obsession est compréhensible, tant les chaînes d'information continue, désormais sous l'étendard de BFM-TV, auront plongé dans le délire tout au long de ces journées, gommant d'un coup toute actualité nationale et mondiale, au bénéfice du Feuilleton Unique, étiré comme un chewing gum, sans craindre le claquage (la fausse annonce, à la mi-journée d'hier , de la reddition de Merah).

Mais l'affaire Merah n'est pas l'affaire papy Voise. Les différences sont multiples. Puisque cela semble nécessaire, citons-en deux :

  • le coup de cymbales de l'affaire Voise survient en 2002 à quarante-huit heures du premier tour de l'élection. Et l'on va donc voter avec, au fond de l'œil, l'image du visage tuméfié du bon papy. Un mois nous sépare aujourd'hui du premier tour. Il y en aura d'autres, des images, dans le mois qui vient !
  • Ensuite, l'épisode Voise est l'apothéose (« le fait-divers de trop », titre Match) d'un emballement sur l'insécurité qui a commencé un an plus tôt, et a occupé les antennes tout au long de l'automne et de l'hiver 2001-2002. Journalistes, politiques et une partie du public sont alors plongés depuis un an dans une sorte de transe chamanique, quotidiennement alimentée par la moindre agression dans un bus, la moindre insulte à un prof dans une cour de récré. Rien de tel aujourd'hui, où l'angoisse dominante, celle qui nourrit chaque jour le roman de l'élection, est celle de l'effondrement économique, et du déclassement social.

Ce à quoi nous assistons, est la tentative sarkozyenne de greffer la vieille angoisse djihadiste, née du 11 Septembre, sur le terrain d'aujourd'hui. Cette tentative est fort bien menée. Mais rien n'indique qu'elle doive réussir.

 

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Publié dans Medias

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Sommes-nous devenus chèvres?<br /> Il faut vraiment être dépourvu d'intelligence pour marcher dans la combine brandie par Sarkozy et ses affidés: l'affaire Papy Voise avait été utilisée par la Droite pour montrer, sinon démontrer,<br /> que le gouvernement socialiste avait laissé s'instaurer l'insécurité. Or c'est bien Sarkozy, et personne d'autre qui,depuis dix ans, est responsable de cette sécurité. Reprochons lui son échec sans<br /> aucun scrupule, il l'a bien mérité. Et cela est d'autant plus facile que dans l'affaire Merah les dysfonctionnements des services en charge de la sécurité sont évidents. La DCRI, dirigée par<br /> Squarcini (celui qui espionne les journalistes pour le compte de Sarkozy) a manqué à tous ses devoirs et s'est ridiculisée en faisant semblant de croire que Merah, pratiquement sans ressources,<br /> n'avait fait que du tourisme au cours de ses deux voyages chaez les Talibans. On ne va tout de même pas laisseer ces crimes ignobles profiter à Sarkozy!
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