Pourquoi l’affaire Neyret sème la panique dans le port de Nice
L’affaire Neyret rebondit à Nice. Après le « grand flic », c’est au tour d’un haut responsable des douanes de se retrouver en garde à vue. Directeur adjoint du renseignement et des enquêtes douanières, un poste où l’on traite autant d’indicateurs que dans la PJ, Jean-Paul Piazzoli devait être déféré devant le juge d’instruction parisien dans la matinée du jeudi 10 novembre, signe que les enquêteurs de la police des polices n’ont pas obtenu de réponses satisfaisantes à toutes les questions qu’ils se posaient.
Une nouvelle qui accapare toutes les conversations sur le port de Nice, où l’épouse du douanier, Marie-Claire Solari, elle aussi mise en garde à vue, gère le Nautique, un restaurant fréquenté par une bonne partie de la police niçoise, et par tous ceux qui s’agitent sur le devenir du port.
Comme l’ex numéro 2 de la PJ de Lyon, le douanier et son épouse auraient accepté de se rendre au Maroc à l’invitation de richissimes escrocs, les frères Bénichou et Stéphane Alzraa. Un déplacement qu’il a tenté de justifier devant les enquêteurs, expliquant notamment qu’il n’avait pas effectué ce voyage pour son seul agrément, mais pour glaner des informations sur un vaste trafic de cigarettes.
Le reste des soupçons repose sur les conversations téléphoniques des voyous. Vantardise ou pas, ils se targuent en effet de bénéficier d’une forme de couverture au sein des douanes, ce qui pourrait leur permettre de faire entrer des marchandises en douce sur le territoire français.
Selon l’un des ses proches, Piazzoli n’a pas le style épicurien festif que l’on prête à Michel Neyret. Son avocat, Franck de Vita, le présente même comme une « victime collatérale » du scandale lyonnais. Comment un homme qui a pignon sur rue, fonctionnaire haut placé, dont l’épouse dirige un restaurant qui ne désemplit pas, peut-il du jour au lendemain se mettre au service du crime qu’il est censé pourchassé ?
L’aura de Michel Neyret, qui a été deux ans patron de la PJ de Nice, peut-elle suffire à l’avoir fait basculer ? Le surnom que lui donnait les voyous (Nounours) n’est pas vraiment bon signe pour lui, surtout quand on sait que Neyret appelait « mon amour » son escroc préféré.