Pourquoi Hollande ne pourra pas faire sans Royal, Montebourg et Mélenchon
par Aristote
Il y a comme un parfum de Mai dans les esprits. Vivement Mai, comme le dit joliment l’un des groupes de mobilisation de la campagne socialiste. Comme un parfum de victoire et de lendemain qui ne chanteront pas, seront durs, demanderont des sacrifices, oui mais des sacrifices justement répartis.
Et dans cette victoire qui s’avance, autant poser tout de suite quelques jalons essentiels. Car il ne suffit pas de gagner, il faut ensuite gouverner et changer profondément la fatalité en espoir. Changer la vie.
Et pour cela, François Hollande ne pourra pas faire sans cette gauche : radicale, inventive, audacieuse , visionnaire et transgression, symbolisée, au sein du parti socialiste , par Ségolène Royal et Arnaud Montebourg, et à l’extérieur par Jean-Luc Mélenchon.
Car cette gauche là dit ” non ” à des degrés différents et porte en elle un élan, une ferveur et une incarnation qui seront essentiels pour les années à venir.
Royal, en premier lieu, qui occupe un espace si particulier. À la fois par son charisme, sa ligne ” populaire – pragmatique “, son appel au ” power to the people “ et cette façon si particulière, unique, de galvaniser les énergies, et de toujours trouver la brèche pour combattre ou construire , comme on l’a vu avec Heuliez, entreprise dans laquelle elle a fait entrer pour la première fois, une région au capital d’une société.
Guerrière et femme d’Etat, Royal courage est un élément clé du dispositif de gouvernement, à l’Assemblée où il faudra faire passer des lois pour aller vite dans le redressement de la France. Ou un grand ministère qui engagerait le pays sur la voie d’une révolution industrielle ou écologique. Royal, celle qui ne renonce jamais.
Montebourg ensuite, le cadet, à la fois grave et nonchalant qui vibre pour les ouvriers, contre la mondialisation et la voracité financière. Orateur hors pair, transgressif lui aussi et volontiers provocateur, Arnaud Montebourg porte les espoirs d’une génération de jeunes quinquagénaires ( Manuel Valls, Vincent Peillon ) cette génération qui n’a jamais gouverné, piaffe d’impatience à pouvoir enfin avoir une partie des manettes et impulser un autre élan. Mais à la différence de Valls ou de Peillon, très orthodoxes et peu créatifs, Montebourg est en mouvement permanent et cette liberté intérieure, lorsqu’elle est canalisée, est un atout majeur.
Mélenchon enfin. Le grand tribun, enfant de Mitterrand et de Rosa Luxembourg , personnalité politique hybride. Plus tout à fait socialiste mais pas encore tout à fait communiste. Mélenchon s’envole, Mélenchon enflamme et s’enflamme. Il ne se résigne pas et cette joie à faire campagne, à porter l’espoir à nourrir le rêve révolutionnaire de ce pays est un formidable atout pour la gauche et la France.
Car il a rouvert la voie à cette poétique de la politique qui ne mène peut être pas a l’Elysée mais nourrit politiquement et dans la durée une alternance dont ce pays à soif, sclérose qu’il est par 17 ans de droite.
Mélenchon irrigue la gauche de ses vers hugoliens, ses coups de semonces prolétariens et son respect plébéien.
Comment imaginer que la nouvelle majorité pourra se passer de lui dans les 5 ans qui viennent ?
Quel que soit le résultat du 6 mai, François Hollande qui possède à nul autre pareil, le sens politique du rassemblement saura, malgré les pressions de ceux qui veulent en être, proposer le meilleur rôle pour chacun des trois dans la nouvelle page qui s’écrira pour la gauche.


