Pourquoi Hollande ne descend pas dans la cour de récré
Lors de son meeting de Marseille, Nicolas Sarkozy a tapé dur contre François Hollande qui s’est refusé, en retour, à l'attaquer en dessous de la ceinture. Une stratégie, explique son équipe. Une seconde nature, plutôt pour l’allergique aux conflits qu’est Hollande. Mais la méthode de l'évitement qui a fonctionné lors de la primaire peut-elle à nouveau payer face à Sarkozy ?
Marseille dimanche, Nicolas Sarkozy a joué les sales gosses des cours de récré, tapant comme un sourd sur le premier de la classe (sondagière) François Hollande. « Pas les mamans, pas les vêtements », c’est habituellement la règle entre enfants. Sarkozy, lui, c’est connu, se fout bien des règles. En ce début de campagne, il s’en affranchit plus que jamais, s’autorisant tout contre son adversaire socialiste, y compris la caricature (sur l’immigration notamment). En élève appliqué (trop ?), le candidat socialiste lui a répliqué sur BFM TV en fin de journée :« Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui veut vous chercher dans la cour de récréation que vous êtes obligé d'aller le suivre dans ce pugilat. Je m'y refuse ».
La stratégie est claire. Le chef de l’Etat a « déconsidéré la fonction présidentielle » pendant son mandat, répètent depuis des mois les lieutenants de François Hollande. Et il continuerait aujourd’hui en maniant ce qu’ils considèrent être de « la violence ». « Les Français en ont marre de cette brutalité, estiment-ils, Ils veulent un Président dans la fonction ». C’est en tout cas, pour les proches de François Hollande, la parfaite illustration que dans cette campagne s’opposerait « deux idées de la France, deux idées de la République, deux styles, deux personnalités ». En somme, un duel entre la « normalitude » et le « voyou de la République ». Du côté des hollandistes, on voit d’ailleurs dans cette « violence » de Sarkozy à Marseille, à la fois, de la « cohérence » (« C’est dans sa nature profonde ») et de l’« incohérence » (« Comment peut-on vouloir faire campagne sur le thème de “j’ai changé” et offrir aux Français une caricature de soi-même ? On atteint là les limites de la “rupture” avec soi-même ») !
Oui, mais en ne répondant pas avec la même force que l’assaillant, François Hollande peut aussi donner aux Français le sentiment qu’il renonce au combat et, pire finalement, qu’il refuse tout simplement le débat politique. « On n’esquive rien et l’on n’esquivera rien, assure un proche, Nous, c’est la réponse digne, dans la considération des Français » Certes, mais cette stratégie aussi pensée soit-elle, colle aussi parfaitement à la nature humaine de François Hollande, lui l’allergique aux conflits. Elle a fait son succès lors de la primaire : plus Martine Aubry se transformait en « Mère Tape Dur » contre le tenant de « la gauche molle », plus elle jouait les « Mèremptoires », plus il refusait de descendre dans l’arène, se plaçant parfois de façon hautaine et irritante au-dessus de ses autres petits camarades. Le duel entre la « normalitude » et le « voyou de la République » est en fait un duel nature contre nature.
Et ceux qui au PS connaissent bien François Hollande estiment qu’il ne rompra pas avec sa vraie nature tant qu’il restera en tête dans les sondages. « Pour l’instant, le rejet du bilan de Nicolas Sarkozy reste très fort et fait office de garde-fou pour François Hollande », analyse ainsi un camarade, « Mais avec un Sarkozy martelant qu’il n’y a rien de pire que le statu quo, que le candidat socialiste, c’est l’inaction, il va peut-être devoir bouger. Parce que se poser en rassembleur face au diviseur ne suffira plus ». Mais du côté des socialistes, même si l'on prédit à terme un « resserrement mécanique des courbes », on ne sait si l'on doit l'attribuer la légère progression dans les sondages de Sarkozy à son entrée en campagne et aux coups qu'il a portés ou davantage aux sorties de piste d'Hervé Morin et Christine Boutin.
La stratégie est claire. Le chef de l’Etat a « déconsidéré la fonction présidentielle » pendant son mandat, répètent depuis des mois les lieutenants de François Hollande. Et il continuerait aujourd’hui en maniant ce qu’ils considèrent être de « la violence ». « Les Français en ont marre de cette brutalité, estiment-ils, Ils veulent un Président dans la fonction ». C’est en tout cas, pour les proches de François Hollande, la parfaite illustration que dans cette campagne s’opposerait « deux idées de la France, deux idées de la République, deux styles, deux personnalités ». En somme, un duel entre la « normalitude » et le « voyou de la République ». Du côté des hollandistes, on voit d’ailleurs dans cette « violence » de Sarkozy à Marseille, à la fois, de la « cohérence » (« C’est dans sa nature profonde ») et de l’« incohérence » (« Comment peut-on vouloir faire campagne sur le thème de “j’ai changé” et offrir aux Français une caricature de soi-même ? On atteint là les limites de la “rupture” avec soi-même ») !
Oui, mais en ne répondant pas avec la même force que l’assaillant, François Hollande peut aussi donner aux Français le sentiment qu’il renonce au combat et, pire finalement, qu’il refuse tout simplement le débat politique. « On n’esquive rien et l’on n’esquivera rien, assure un proche, Nous, c’est la réponse digne, dans la considération des Français » Certes, mais cette stratégie aussi pensée soit-elle, colle aussi parfaitement à la nature humaine de François Hollande, lui l’allergique aux conflits. Elle a fait son succès lors de la primaire : plus Martine Aubry se transformait en « Mère Tape Dur » contre le tenant de « la gauche molle », plus elle jouait les « Mèremptoires », plus il refusait de descendre dans l’arène, se plaçant parfois de façon hautaine et irritante au-dessus de ses autres petits camarades. Le duel entre la « normalitude » et le « voyou de la République » est en fait un duel nature contre nature.
Et ceux qui au PS connaissent bien François Hollande estiment qu’il ne rompra pas avec sa vraie nature tant qu’il restera en tête dans les sondages. « Pour l’instant, le rejet du bilan de Nicolas Sarkozy reste très fort et fait office de garde-fou pour François Hollande », analyse ainsi un camarade, « Mais avec un Sarkozy martelant qu’il n’y a rien de pire que le statu quo, que le candidat socialiste, c’est l’inaction, il va peut-être devoir bouger. Parce que se poser en rassembleur face au diviseur ne suffira plus ». Mais du côté des socialistes, même si l'on prédit à terme un « resserrement mécanique des courbes », on ne sait si l'on doit l'attribuer la légère progression dans les sondages de Sarkozy à son entrée en campagne et aux coups qu'il a portés ou davantage aux sorties de piste d'Hervé Morin et Christine Boutin.
Publicité
