Pour une véritable dynamique: la primaire de la gauche

Publié le par DA Estérel 83

Contributions.jpgPierre Lefèvre  24/11/2010

 

La question des structures n'est pas, comme on l'entend dire, une condition de la victoire en 2012. Aucun président n'a créé la structure qui l'a fait gagner: il a gagné parce qu'il a rassemblé sur son nom et ses propositions très au-delà de sa propre structure. Mitterrand avec un programme de gauche, inspiré de celui du PS mais aussi de ceux du MRG et du PC. Par ailleurs, avec lui, il n'y avait pas de confusion entre le candidat et l'animateur du parti chargé de conduire la campagne. Il était 1er secrétaire bien sûr, mais ce n'est pas pour cela qu'il a été élu.

C'est pourquoi, je plaide – et cela depuis juin 2007 – pour que le candidat soit déchargé de l'animation du parti et donc de la fonction de 1er secrétaire.

 

N'oublions surtout pas la 1ère - principale et essentielle -  leçon de l'échec de Ségolène Royal en 2007: l'absence de soutien du parti, les défections et croche-pieds évidents de … Fabius, Dominique Strauss-Kahn et autres, l'absence de maîtrise du parti par François Hollande.

 

La 2ème, c'est que le PS ne peut pas gagner seul. Dire cela ne retire rien à la place éminente qu'il occupe au sein de la gauche, mais c'est lui demander un peu de … modestie !

 

Tant que le PS continuera à jouer personnel, il n'y aura pas l'indispensable confiance des électeurs de gauche dans le PS. C'est ça le drame actuel, en particulier avec l'élection truquée de Martine Aubry et surtout l'absence persistante de programme consensuel qui transformerait l'éventuelle (je suis parfaitement contre, voir plus loin) primaire interne au PS en une nouvelle et insignifiante guerre de courants. Rien ne change !

Alors pour l'éviter, Laurent Fabius est parti en campagne interne pour persuader tout le monde qu'il n'y a que 2 candidats possibles, Dominique Strauss-Kahn et Aubry, et, à défaut des 2, un seul, lui-même. On est pile dans la caricature.

D'où les réactions outrées … de François Hollande et de Manuel Valls … mais, a contrario, le soutien enthousiaste de Claude Bartolone !

 

Il faut savoir reconnaître que seule Ségolène Royal fait, avec Désirs d'Avenir, campagne à l'extérieur de son parti, sans le trahir, et a clairement démontré à tous ceux qui étaient à Arcueil qu'elle serait candidate à la primaire. Elle seule joue le bon jeu, celui de la gauche. Il est vrai qu'elle seule a déjà accompli le parcours complet d'une élection présidentielle.

 

Le blocage imposé par "l'homme invisible" va conduire à prolonger cette situation délétère et déjà insupportable pendant encore 12 longs mois. C'est impossible sauf à vouloir la défaite … et il appartient donc aux adhérents du PS de s'insurger avec vivacité pour réclamer 2 choses:

  • l'accélération du calendrier
  • le respect de l'engagement pris en octobre 2008 d'organiser une primaire ouverte,

sachant qu'une primaire, même ouverte aux sympathisants, destinée uniquement à désigner le candidat du PS, n'aurait strictement aucun sens car elle n'engagerait aucunement la dynamique à gauche pourtant indispensable à la victoire, une dynamique capable de vaincre l'incrédulité et l'incrédibilité actuelles.

 

Il nous faut absolument la primaire de la gauche !

Qui n'est pas celle du Parti socialiste telle que l'a présentée Pierre Moscovici (France Inter le 7 ou le 8 octobre) dans un ballet incroyable entre Aubry, Royal, Strauss-Kahn ou Moscovici, Hollande, Valls, preuve de la persistance non seulement de la guerre des courants mais surtout de l'orgueil et de la volonté hégémonique du PS.

 

La primaire de la gauche qu'il nous faut doit être:

·         ouverte à tous ceux qui, acceptant de reconnaître les valeurs de la gauche, s'estiment aptes et en situation d'être candidats à la présidentielle

·         ouverte sans aucun accord préalable avec les formations de gauche, elles-mêmes libres d'y participer ou non: toute absence serait évidemment une mesure de la réalité de l'engagement du parti concerné en faveur de la victoire de la gauche en 2012

·         ouverte, librement bien sûr à plusieurs membres du PS … s'ils le souhaitent car la désignation interne préalable d'un "candidat dit du PS" ruinerait toute utilité et toute efficacité stratégiques à la primaire de la gauche 

 

En effet, quel est l'enjeu dans un contexte politique dont il n'est pas nécessaire d'être expert pour estimer qu'il sera d'autant plus tendu que la droite sera aux abois ?

Il s'agit de faire naître bien avant le début de la campagne présidentielle l'espoir d'une entente solide pour un programme que le-la gagnant-e de la primaire portera au nom de toute la gauche : il ne s'agit pas seulement du "futur programme du PS", mais de la synthèse des propositions développées par les divers candidats pendant la primaire de la gauche !

Il s'agit d'apporter la preuve, avant même le début de la campagne présidentielle, de l'existence d'une volonté de s'unir à gauche en faveur de la présence au 2ème tour d'un véritable candidat de gauche.

 

Et les partis qui auront participé à la primaire de la gauche ne seront pas pour autant exonérés de campagne présidentielle ! Ils devront au contraire – ayant à l'avance mesuré leur influence du moment – être présents et actifs dans toute la campagne, y compris en se présentant au 1er tour pour se compter en vue des négociations pour les législatives qui suivront, et aussi – c'est légitime – pour l'accès au financement public de la vie politique.

 

La victoire à la présidentielle ne se joue absolument pas à l'intérieur du PS et c'est pourquoi la primaire de la gauche doit être librement ouverte aux Duflot, Mélenchon, Joly et autres ! Je sais, j'ai oublié Baylet et Chassaigne !

 

Seule cette primaire de la gauche nous redonnera confiance dans … le Parti socialiste ! Ce que ne feront certainement pas la mystérieuse "rénovation interne" et le "fameux futur programme" dont on ne voit pas pourquoi l'ensemble de la gauche l'adopterait sans sourciller !

 

Ainsi nous pourrons, militants des partis de gauche et sympathisants, nous engager activement dans une campagne - qui sera rude – parce que nous aurons enfin l'espoir de mettre fin au pouvoir actuel; sinon … nous perdrons tout, tous ensemble.

 

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