Pour la Bipolarisation
Certain(e)s regrettent que le débat politique de cette présidentielle se bipolarise à nouveau. Evidemment, les soutiens de François Hollande (dont je fais partie) ou de Nicolas Sarkozy ne regrettent pas cette bipolarisation.
Mais indépendamment de ces considérations partisanes, je la considère comme inéluctable et quasi-nécessaire pour un scrutin présidentiel.
1. Ils sont encore nombreux à croire ou penser que le premier tour d'une élection présidentielle est sorte de primaire. Vu de gauche, avoir Marine Le Pen dans "ma" primaire me trouble beaucoup.
2. Pour celles et ceux qui envisagent des désistements réciproques, une primaire d'envergure avait été organisée l'été dernier par le Parti socialiste. Il suffisait d'y participer.
Au lieu de quoi, certains ont tenté de se créer une micro-légitimité par des primaires séparées (cf. les écolos et leurs 30.000 participants; ou le Front de Gauche). Je suis écolo. Je n'ai pas repris ma carte et n'ai pas voté aux primaires écologistes. J'ai déjà expliqué pourquoi. Alors aujourd'hui, désolé, la campagne d'Eva Joly (qui est une personne que j'admire) ne m'intéresse pas. Ni sur ce blog, ni en dehors. Le cas de Mélenchon est à peine différent. C'est un candidat efficace. Mais il n'a aucune chance de gagner au second tour face à Sarkozy. Il faut qu'il pèse. Il aurait sacrément pesé s'il s'était joint aux primaires citoyennes. Il a préféré jouer le système présidentiel.
3. Hors scrutin présidentiel, la bipolarisation peut être une aberration. Ou pas. On a vu des scrutins locaux où des alliances se constituaient dès le premier tour.
En d'autres termes, l'offre politique doit s'adapter aux scrutins.