Poison des sondages: Lévy (Harris interactive) répond à Royal et Montebourg

Publié le par DA Estérel 83

Marianne

 

 

À la Rochelle, les supposés « petits » candidats à la primaire enragent contre les sondages. Comme notamment Ségolène Royal et Arnaud Montebourg. Jean-Daniel Lévy, directeur du département «opinion» d’Harris interactive leur répond. Convaincant ou pas ? A vous de juger...


En dehors d’Aubry et d’Hollande, point de salut. C’est du moins l’idée qui s’impose dans les médias, sondages à l’appui. Mais ceux qui sont renvoyés par les enquêtes d’opinion au rang de « petits candidats » à la primaire socialiste ne l’entendent pas de cette oreille. Et ils comptent bien faire entendre à la Rochelle leurs doutes sur la méthodologie des maîtres sondeurs.
C’est le cas d’Arnaud Montebourg. Avant même son arrivée à l’université d’été du PS, lors de l’étape de sa caravane à Argentan, sous le chapiteau du philosophe Michel Onfray, le député de Saône-et-Loire expliquait déjà que « la marge d’erreur », selon lui, « est de 20% »« C’est scientifique », expliquait -il, sûr de lui, prenant en exemple les sondages qui donnaient largement vainqueur Nicolas Hulot dans la primaire écologiste face à Eva Joly. Avec le résultat que l’on connaît…


Ségolène Royal, elle aussi, profite de cette rentrée pour pester contre le « poison des sondages » : « C’est scandaleux, confie-t-elle en petit comité, Ça conditionne les gens ! ». Mais dans son équipe, plutôt que de ronger son frein, on préfère se souvenir amusé de ces enquêtes d’opinion d’avant congrès de Reims qui décernaient le titre de grand vainqueur à Bertrand Delanoë. Avec, là aussi, le résultat que l’on connaît… 


Mais les sondeurs, eux, que répondent-ils à toutes ces critiques ? Jean-Daniel Lévy, patron du département « opinion » de l’institut Harris Interactive à accepter de répondre à nos questions. 


Marianne : Êtes-vous sensible aux critiques formulées à l'encontre des sondages par les « outsiders » de la primaire ?  

Jean-Daniel Lévy : (rires) Vous les appelez vous-même « outisder » ! 


Justement, c'est bien là la preuve de l'effet pervers des sondages ! 

 La critique était déjà présente dans la primaire socialiste de 2006 quand les enquêtes d'opinion portaient, disait-on alors, Ségolène Royal à la victoire... Mais dans nos sondages nous mesurons une préférence de l'opinion et aucun cas une intention de vote. 


Vous interrogez donc l'opinion dans son ensemble et pas seulement ceux qui disent vouloir participer avec certitude à la primaire ? 

 La question est en effet posée à l'ensemble des sympathisants de gauche, qu'ils aillent voter ou non. C'est qu'il est difficile de connaître le corps électoral de cette primaire. Une partie des Français n'ont pas encore saisi qu'ils pouvaient voter. Beaucoup d'entre eux ne sont pas rentrés dans la primaire. 


Est- il sérieux de réaliser et de publier des sondages quand le corps électoral n'est pas clairement identifié ? 

 D'une manière ou d'une autre, nous sommes critiqués. C'est un sport national que de taper sur les sondages. Soit nous influençons les votes, soit on nous reproche l'écart entre nos chiffres et les résultats. Je préfère prendre le risque de publier un sondage et prendre aussi ensuite le temps de m'en expliquer. Je suis également très attentif à la mise en scène qui est faite de nos sondages dans les médias. Par ailleurs, je crois à la pédagogie et à la répétition. Il faut qu’il y ait une formation des journalistes aux sondages. Moi-même, j’interviens dès que je le peux au Centre de formation des journalistes pour montrer qu’il est possible d’avoir une lecture apaisée des sondages. 


Mais au-delà même de la lecture que font les journalistes des sondages, il y a dans le cas présent un sérieux problème de méthodologie. Pourquoi n’interrogez-vous pas seulement les personnes qui se disent certaines d’aller voter à la primaire ?  

Les gens peuvent exprimer un avis sans avoir à participer à un processus. On peut être sympathisant de gauche et ne pas être entraîné dans un comportement électoral par la primaire. Mais il n'est pas exclu qu'on le fasse à un moment ou à un autre. 

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Publié dans Sondages

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