Plusieurs ministres refusent de sanctionner les maires

Publié le par DA Estérel 83

Reuters-copie-1 17/08/2010

Plusieurs membres du gouvernement ont pris mardi leurs distances avec la proposition de Christian Estrosi de sanctionner les maires jugés laxistes en matière de lutte contre l'insécurité.

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a été le premier à exprimer des réserves sur les déclarations du ministre de l'Industrie, qui ont provoqué la colère des dirigeants de l'opposition mais aussi quelques remous au sein de la majorité.

"L'idée d'un pacte entre les communes et l'Etat en matière de sécurité est nécessaire mais elle doit se faire sous la forme d'un contrat plus que sous la forme de sanctions", a déclaré le ministre de l'Éducation nationale sur Europe 1.

"Au niveau local, le maire a un pouvoir de police et il est normal qu'il y ait une coopération entre l'État, qui a le pouvoir régalien, et le maire", a poursuivi Luc Chatel, précisant toutefois que cette coopération devait "avoir lieu sous forme d'un contrat, d'un donnant-donnant".

En déplacement à Toulon (Var), le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a été le second responsable du gouvernement à rejeter la proposition de Christian Estrosi.

"Le gouvernement défendra et appliquera les propositions du président, ni plus ni moins. Avec le Premier ministre, j'y veillerai personnellement", a-t-il dit à la presse.

"CULTURE DU RÉSULTAT"

"Les maires ont été élus démocratiquement, ils sont naturellement les partenaires de l'État. (...) Je m'efforcerai de demander aux collectivités d'aller plus loin si elles le souhaitent", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Eric Besson, également en déplacement à Toulon, a enfoncé le clou en estimant que Brice Hortefeux avait "mis fin à tout suspense par rapport aux initiatives des uns et des autres".

Interrogé sur RMC plus tôt dans la journée, Christian Estrosi avait réfuté l'existence de dissensions au sein du camp de la majorité.

"Il y a un dialogue ouvert avec quelques individualités dans ma formation politique", a estimé le ministre de l'Industrie qui s'est prévalu du soutien du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand.

Il faudra définir à "quel niveau et de quelle manière" les amendes contre les maires n'ayant pas rempli leurs obligations peuvent être mises en place, a-t-il déclaré.

"On ne va pas mettre des maires - qui est le mandat le plus respectable, qui mérite le plus d'être mis en valeur - devant un tribunal de la République", a-t-il assuré.

Christian Estrosi a toutefois insisté sur le fait qu'il fallait une "culture du résultat", "une barre avec des plus et des moins (...) qui permet de savoir si vous avez rempli votre contrat avec l'Etat, la police et la justice".

Dans le cas contraire, "on pourra vous dire vous avez fauté et votre municipalité va devoir apporter sa contribution", a-t-il ajouté.

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Publié dans Politique

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