Plus c'est gros, moins ça passe

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Prochainement soumise au Parlement français pour entrer en vigueur le 1er janvier prochain, la nouvelle taxe sur les sodas fait polémique. L'Académie de médecine applaudit au nom de critères «scientifiques et médicaux» cette mesure officiellement destinée à compléter l'arsenal de la lutte contre l'obésité.

Des nutritionnistes très sérieux rétorquent, chiffres à l'appui, que les jus de fruits contiennent autant, sinon plus, de sucres que les sodas. L'arme de la taxe pour obliger le quidam à se nourrir plus sainement dépasse largement les frontières de l'Hexagone. Elle fait débat au Québec, en Hongrie avec la «taxe hamburger» qui frappe déjà les produits à forte teneur en sucre, sel, caféine et glucides, en Ecosse et Irlande.

Mais c'est le Danemark qui a sorti la grosse artillerie en instaurant samedi la première taxe au monde sur les graisses. 2,15 euros par kilo de graisses saturées qui s'appliquent à toute la gamme alimentaire: du beurre et margarine jusqu'aux plats cuisinés et autres conserves en passant par les gâteaux et autres friandises.

L'obésité est sans conteste un des fléaux du troisième millénaire avec une progression en flèche sur tous les continents en dehors d'une Afrique frappée par des famines sans relâche. Un fléau qui coûte de plus en plus cher aux individus et à la collectivité par la prise en charge des maladies et des soins qu'il induit. Faut-il pour autant frapper au portefeuille, engraisser l'Etat alors que tout démontre qu'en matière d'obésité la prévention et le traitement sont bien plus efficaces que la sanction ?

La mode des taxes sur la «malbouffe» n'est que de la poudre aux yeux à l'instar des milliers de réglementations anti-tabac qui n'ont en rien réduit l'addiction au tabagisme. L'adage «trop de lois tuent la loi» est plus que jamais d'actualité quand il touche la sphère de la vie privée et prétend influer sur les comportements individuels par la seule contrainte. Une autre information pratiquement passée inaperçue montre la bonne direction: la publication hier au Journal Officiel d'un décret obligeant les cantines scolaires à proposer quatre plats au lieu du sempiternel entrée-plat-dessert. Mais aussi de diversifier avec des crudités un jour sur deux, de la viande rouge et du poisson de qualité et... les frites limitées au maximum une fois par semaine.

Nos gamins n'y verront que du feu et s'en porteront mieux, à condition que cela amène leurs parents à acheter des produits sains plutôt qu'une «malbouffe» conditionnée et dont les prix «cassés» relèvent de l'attrape-nigaud.

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