Piketty dégrade la note du PS

Publié le par DA Estérel 83

Marianne

 

 

Proche du PS, l'économiste s'en prend pourtant au programme économique du parti. Pour le co-auteur de « Pour une révolution fiscale » la proposition phare de François Hollande de « moduler l'impôt sur les sociétés selon que le bénéfice soit distribué ou investi » est inopérante. Pire, il conduit à une baisse de la pression sur le capital. 


Thomas Piketty - capture d'écran - Dailymotion - franceculture
Thomas Piketty - capture d'écran - Dailymotion - franceculture
Une  bêtise », « une fausse bonne idée », l’économiste Thomas Piketty n’a pas de mots assez durs pour fustiger la proposition des socialistes visant à moduler l’impôt sur les sociétés. Inspirée par François Hollande, elle aurait pourtant tout pour plaire en posant un principe aux mots enchanteurs: plus une entreprise distribue de dividende plus elle est taxée. Bref on passerait d’une imposition globale du résultat de 33,3 %, à deux taux : 20% pour la partie réinvestie, et 40% pour celle versée aux actionnaires via les dividendes. « Une telle disposition méconnait l’économie. J’ai beau leur expliquer qu’il n’y a que deux choses qui au final peuvent être taxés, soit  le travail soit le capital. Il n’y a rien à faire. », s’emporte le professeur de l’Ecole d’économie de Paris, pourtant en odeur de sainteté au PS (et au delà) depuis son livre Pour une révolution fiscale. Et de fait, la bonne idée, s’avère inopérante. 

Exemple. Une entreprise peut être assimilée à un champ de blé qui une fois labouré, produit une récolte, autrement dit le bénéfice. Cette récolte peut être redistribuée, ce sont les dividendes. Soit elle est stockée sur le champ, ce qui augmente la valeur de la parcelle d’autant. Rien n’empêche alors le propriétaire/actionnaire de vendre tout ou partie de la parcelle accompagnée de la récolte. Il encaissera alors l’équivalent du bénéfice. Conclusion, il revient au même de taxer la récolte distribuée et son stockage sur le champ. Les chefs d’entreprise le savent bien et il y a fort à parier qu’ils arbitreront pour payer moins d’impôt en préférant stocker le dividende. Pour redonner l’argent à leurs actionnaires, il leur suffira de racheter leurs propres actions, surenchéries par le dividende non distribué. 

« C’est absurde, ce dispositif va conduire à réduire les impôt sur le capital, dans un contexte de hausse des prélèvements obligatoires », conclut Thomas Piketty. Et l’économiste de s’énerver : « il y a de grandes chances pour que cette mauvaise idée soit la première réforme fiscale à être mise en œuvre. Quand à la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu, plus complexe et autrement plus juste, elle risque de finir enterrée avec une commission. » En voilà un qui ne cherche pas à obtenir un poste dans le premier gouvernement hollandais… 
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Publié dans Economie

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T
<br /> Comparaison n'est pas raison: D'abord les sociétés ne sont pas vraiment libres de racheter leurs propres actions. Cette opération est réglementée, elle implique une réduction du capital et<br /> lorsqu'elle n'est pas motivée par une perte, elle est limitée à 10 %. Il se trouve qu'en France, depuis la création par Giscard d'Estaing, du fameux "avoir fiscal" la distribution des bénéfices,<br /> sous forme de dividendes a été fiscalement privilégiée, puisqu'on remboursait au bénéficiaire des la distribution la moitié de l'impôt sur les sociétés. Ce qui constituait, à l'évidence une prime<br /> au désinvestissement et explique sans doute en partie le déficit de l'économie française en ce domaine. Le régime a été supprimé et l'I.S. réduit à 33 %, mais on a laissé subsister un abattement ,<br /> actuellement de 40%, pour la taxation des dividendes aux mains des actionnaires, ce qui revient en fait à leur rembourser une partie de l'I.S., comme auparavant, mais d'autant plus importante<br /> qu'ils sont imposés à un taux plus élevé! C'est à cette injustice qu'il convient d'abord de mettre fin. En outre encourager les entreprises à réinvestir leurs bénéfices plutôt que de les distribuer<br /> serait utile à l'économie.<br /> Enfin, il faut espérer que nos futurs gouvernants nous épargneront le système Piketty; il faut en effet être totalement dépourvu d'esprit critique pour le trouver convaincant.<br /> <br /> <br />
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