Papademos intronisé, c'est comme si Messier était à Bercy
Le choix de Lucas Papademos pose pourtant une question de principe. Comme gouverneur de la banque central grecque 8 ans durant jusqu’au 31 mai 2002, le maquillage des comptes publics de la République en vue de sa qualification pour son entrée dans l’Eurozone entre 1999 et 2000 n’a pu lui échappé.
Depuis un article fameux du New York Time, on sait que la découverte en 2009 de ce péché originel constitue l’élément déclencheur de la défiance qui a depuis emporté le pays. Bref, c’est un peu comme si l’on nommait Jean-Marie Messier à Bercy pour réduire la dette, quand ce même J6M fut à l’origine de la plus grande mistification comptable privée en France quand il dirigeait Vivendi.
Si une falsification des comptes de cette ampleur a pu échapper aux autres banquiers centraux de la zone (encore qu’il soit plus rassurant qu’ils n’en aient ignoré au mieux que l’ampleur) elle le doit au génie des banquiers de Goldman Sachs qui en furent les architectes et…les principaux bénéficiaires.
Cela tombe bien pour Lucas Papademos, puisqu’il pourra à nouveau fréquenter d’autres acteurs de cette funeste histoire. En succédant à Jean-Claude Trichet, Mario Draghi devient le troisième patron de la très puissante Banque centrale européenne.
Même si il s’en défend, ce banquier fut impliqué dans cette carambouille en tant que vice-président de la branche européenne de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs. Ce qu'il dément evidemment.
Les opérations en question explique-t-il ont été « prises avant mon entrée chez Goldman Sachs [et] je n'avais rien à voir avec cela» se défend-t-il en répondant à une question de l’eurodéputé vert Pascal Canfin lors des audiences devant le Parlement pour la course au gouvernât de la BCE.
Mario Monti devrait quant à lui diriger le prochain gouvernement italien après la mise en retraite de Sylvio Berlusconi. Lui aussi est un proche de Goldman Sachs, qu’il conseille depuis 2004. Mais c’est en tant que commissaire européen chargé de la Concurrence 1999 et 2004 (avant un précédent mandat au marché intérieur) qu’il a vu passé le dossier de candidature de la Grèce à l’euro.
