MOLEX: "... nous augmentons le dividende de 14,8 %"
28/10/2010
L'équipementier automobile américain, qui refuse de financer le plan social de son usine française fermée en 2009, a fait état mercredi 27 octobre de bénéfices "record" au troisième trimestre, ce qui l'a conduit à augmenter de 14,8 % le dividende versé à ses actionnaires. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 897,7 millions de dollars, en hausse de 33 % sur un an, et un bénéfice net de 75,1 millions de dollars contre une perte de 15,1 millions un an plus tôt.
"Les revenus et le bénéfice par action ont atteint un record absolu en septembre", les recettes étant même supérieures à ce qu'elles étaient avant la récession, a commenté le PDG Martin Slark dans un communiqué. "Compte tenu de ces revenus et profits record, couplés à une organisation plus efficace qui résulte de la restructuration, nous augmentons le dividende de 14,8 %, avec date d'effet au moment de son paiement en janvier."
"INADMISSIBLE, SCANDALEUX"
Molex a annoncé récemment qu'en réponse aux plaintes déposées aux prud'hommes par des salariés, il allait cesser de financer le plan social de son usine de Haute-Garonne, fermée en 2009 après onze mois de lutte des salariés, et s'en remettre à la collectivité pour le faire. Dimanche, Christian Estrosi a annoncé quel'Etat français s'associerait à ces plaintes, pour forcer l'équipementier à poursuivre le financement du plan.
Réagissant aux annonces des résultats de Molex, mercredi, le ministre de l'industrie a aussitôt demandé aux constructeurs automobiles Renault et PSA de cesser tout échange commercial avec l'équipementier. Interrogé à la sortie du conseil des ministres, M. Estrosi a qualifié l'annonce d'un dividende en hausse de "mépris le plus total […]. J'ai demandé ce matin à Renault et à PSA de cesser toute commande à l'égard de Molex […], qui méprise les institutions de notre pays". Le ministre avait déjà assuré la semaine dernière qu'il demanderait à Renault et PSA de revoir leurs contrats avec leur fournisseur américain si "sa filiale France ne respectait pas ses engagements". "C'est inadmissible, scandaleux, nous allons utiliser tous les moyens de droit nécessaires, nous allons imposer à Molex de s'expliquer devant la justice française."
Dans un contexte de désindustrialisation, Molex est devenu un symbole de ces entreprises jugées rentables et viables, mais sacrifiées sur décision étrangère au nom d'une logique financière échappant au personnel.
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Est-ce que Mr PUJADAS va en parler au JT de 20h00 de France 2 ce soir ?
S.P